EDITORIAL: L’après-Christine...
Edito
Lundi, 26 Mars 2012 05:52
Christine Razanamahasoa, ministre de la Justice, est une femme bien car elle est courageuse. Il faut lui reconnaitre une certaine force de caractère dans la mesure où elle a pris beaucoup de risques en accompagnant Andry Rajoelina aux premières heures de la lutte. Elle a participé activement à l’essor du mouvement TGV et c’est tout à son honneur.  
Mme Razanamahasoa a un bon fond puisque sa loyauté envers Andry Rajoelina est sans faille. Ceux qui ont participé aux barricades et au maquis ne peuvent pas tous en dire autant. Nombreux sont ceux qui, contrairement à la ministre, ont craché dans la soupe et retourné leur veste.
Christine Razanamahasoa a de grandes vertus car elle est prie le Seigneur. Cette âme charitable connaît la Bible au moins autant que les codes de procédure. Elle commence et finit ses journées par la prière. Dans son extrême générosité, elle organise même des séances collectives de prière.  
Oui mais voilà, malgré ce portrait attrayant teinté d’ironie, elle ne devrait plus occuper le poste de ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Elle n’est plus la bonne personne à la place qu’il faut. Pourquoi ? D’une part, les critiques à l’endroit du système judiciaire sont incessantes et d’autre part, les révélations du Syndicat des Magistrats de Madagascar (SMM) présentent Christine Razanamahasoa sous un tout autre jour. Les faits dévoilés sont trop graves pour être minimisés. Les occulter mettrait le régime en péril.
Bien évidemment, Mme Razanamahasoa va se défendre et crier à l’acharnement contre sa personne. Elle ne réclamait pas des louanges mais elle aurait souhaité avec candeur qu’on la laisse en paix, répandre le bien sur la terre. Bien entendu, elle va contre-attaquer en traquant ses détracteurs mais on voit bien que le combat est perdu d’avance. On sent déjà l’énergie du désespoir du noyé qui tente en vain de s’accrocher à une bouée qui s’éloigne au fur et à mesure qu’il s’agite.  
Andry Rajoelina peut et doit conserver le ministère de souveraineté qu’est le ministère de la Justice mais il doit mettre une nouvelle personne à sa tête. Que l’on ne nous dise pas que la réalité n’est pas aussi simple que cela. En effet, personne n’est intouchable et irremplaçable. Il est grand temps de songer à l’après-Christine.  

Ranary