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Politique
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Jeudi, 19 Avril 2012 08:25 |
Chaque jour, le Malgache lutte pour la survie, le bien-être et l’avenir de ses enfants.
Pour l’épauler, le gouvernement malgache, des consultants, des associations et des organisations internationales tentent de faire appliquer et évoluer le droit des enfants. S’agissant des organismes internationaux, le leadership détenu par l’UNICEF est contesté en raison de son ingérence politique et de ses stratégies inadaptées. On ne peut pas jeter la pierre uniquement à l’UNICEF dont les actions sont limitées en raison de l’insuffisance étatique. L’exemple flagrant est celui de l’habitation de l’enfant. Les droits à une alimentation adéquate, à une éducation complète, et à l’accès aux soins de santé resteront vains si l’enfant ne bénéficie pas d’un logement décent. Il faut dire que le sujet n’intéresse guère le législateur. La Loi N° 2007-023 du 20 août 2007 sur les droits et la protection des enfants n’évoque absolument pas la question du logement des enfants, comme s’il s’agissait d’une question mineure, voire inexistante. Comment expliquer un tel vide juridique alors que l’article 27 alinéa 3 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant dispose que « les États parties…offrent, en cas de besoin, une assistance matérielle et des programmes d'appui, notamment en ce qui concerne l'alimentation, le vêtement et le logement. » ? Certes, l’article 35 de la Constitution dispose que « l’Etat facilite l’accès des citoyens au logement…» mais malheureusement, les enfants ne sont pas considérés comme des citoyens à part entière étant donné qu’ils ne votent pas et qu’ils ne participent pas aux prises de décision. Finalement, la vulnérabilité des enfants est accrue par leur absence de pouvoir de revendication. Dans la mesure où ils sont censés habités sous le toit de leur parent, la question de leur logement ne se pose pas. Pourtant, qu’on ne s’y trompe pas, ce qui est discuté ici ce n’est pas l’accès des enfants à un logement propre à eux puisqu’ils sont considérés comme incapables au sens juridique du terme mais le fait qu’ils ne possèdent pas un espace vital au domicile qui les accueille. Pour soutenir ses thèses féministes, l’écrivain Virginia Woolf soulignait, dès 1929, l’importance pour une femme de posséder une pièce à elle pour pouvoir s’épanouir intellectuellement. Dans le même ordre d’idée, l’enfant a besoin d’avoir sa chambre à lui pour pouvoir se retrouver et évoluer. Une telle idée parait inconcevable et incongrue à Madagascar en raison des contraintes matérielles qui font que plus de la moitié des ménages vivent dans une pièce unique. L’article 9 de la loi N° 2007-023 du 20 août 2007 sur les droits et la protection des enfants dispose que l’enfant « a droit à une sécurité matérielle et morale aussi complète que possible ». Pourtant, il n’en est rien. L’enfant qui vit dans un taudis, au milieu d’un ghetto, est en danger à son domicile comme à l’extérieur. Il n’y a aucune chance de salut dans l’insalubrité. De plus, la promiscuité, qui favorise la maltraitance et les abus sexuels, est un obstacle à l’épanouissement de l’enfant. Le cloisonnement est vécu comme un asservissement. Paradoxalement, l’absence d’espace vital ôte tout centre de gravité à l’enfant et le met en quarantaine. Il ne peut pas se concentrer en toute sérénité sur ses études, s’il se retrouve le soir dans une pièce unique mal aérée et mal éclairée avec ses parents qui se disputent, ses grands-parents qui discutent, ses frères qui jouent aux cartes et ses sœurs qui écoutent la radio…En vivant dans de telles conditions, mal soignés et le ventre à moitié vide, les enfants ont des chances limitées de connaître un avenir radieux. Etant donné que les enfants sont les victimes sur le long terme des familles mal logées et en situation de survie, on en revient aux mesures prises par l’Etat qui ne remplit pas pleinement son obligation constitutionnelle et sa fonction presque régalienne de faciliter l’accès des citoyens au logement. Les maisons bon marché proposées par l’Etat sont un début de réponse à la crise du logement mais, compte tenu de l’explosion démographique, le nombre des constructions devrait être démultiplié dans toutes les provinces. De plus, ce projet Trano Mora s’adresse à ceux qui ont un capital ou des revenus réguliers pour accéder à la propriété. Il faudrait songer aussi à bâtir des logements sociaux à loyer modéré destinées aux plus démunis pour que leurs enfants, fatigués de dormir à la belle étoile, ne soient pas tentés une fois adultes d’avoir un comportement déviant, comme celui d’aller fracasser la porte de belles et vastes villas la nuit. Comment ne pas rêver d’un avenir spacieux quand on a connu un passé étriqué ? L’enfant qui a manqué d’espace vital et qui sort de son labyrinthe est comme un lion indomptable qui s’échappe de sa cage. Le tort des politiciens est de n’avoir pas compris que la prévention de la violence de demain commence aujourd’hui. On ne répètera jamais assez que le coût exorbitant des loyers, qui conduit à une concentration toujours plus forte des familles dans un espace de plus en plus confiné, constitue une bombe à retardement. On ne saurait laisser un enfant jouer à proximité d’une grenade dégoupillée ou d’un champ de mines. Ranary et Folojaona
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