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Terres rares de Madagascar: Des « prédateurs » se manifestent PDF Imprimer Envoyer
Encore une menace sur nos ressources naturelles.

Après les razzias sur nos bois de rose, les trafics odieux sur l’or, voilà que d’autres « prédateurs » semblent s’apprêter à faire un hold-up sur les terres rares de l’île. Des compagnies internationales profitent visiblement de ce régime transitoire pour délester Madagascar de ses richesses. Seule la Chine dispose d’un gisement plus ou moins identique à celui découvert à Madagascar.

Nous reproduisons ci-dessous une dépêche de l’AFP qui relate les tractations qui se passent loin de l’île, entre deux grands groupes européens. Moralité : seuls les « rapaces » du pouvoir en place vont sûrement profiter de la manne, générée de ces terres noires. Que va en tirer le peuple malgache ? 2 % comme pour l’or ? 

Franck R.

Le groupe allemand Tantalus Rare Earths a annoncé hier la signature d'une lettre d'intention avec le chimiste français Rhodia pour octroyer à ce dernier un accès exclusif aux terres rares extraites d'un gros gisement à Madagascar.

Les deux groupes veulent engager "une coopération technique pour développer un processus optimal de fabrication de concentrés de terres rares depuis le grand gisement de faible profondeur Tantalus à Madagascar, et la livraison exclusive de ces terres rares à Rhodia", selon un communiqué.

Le groupe français, propriété du belge Solvay, revendique la position de numéro un mondial des produits à base de terres rares, fournissant notamment les fabricants de pots catalytiques et de lampes économes en énergie.

L'accord définitif, qui doit encore être signé, devrait porter sur des quantités de produit atteignant jusqu'à 15 000 tonnes par an, précise-t-il.

Très convoitées, les terres rares sont un groupe de 17 métaux dont le lanthane, l'yttrium et le néodyme, indispensables à la fabrication des voitures électriques, des éoliennes, des écrans plats, des disques durs d'ordinateurs ou encore des lecteurs MP3.

Environ 95% de ces métaux sont extraits en Chine, qui a provoqué l'an dernier une prise de conscience de leur importance stratégique en réduisant ses quotas d'exportation pour maintenir les prix et forcer les entreprises à s'établir sur son territoire. Le pays ne détient toutefois que 37% des réserves prouvées sur la planète.

Selon des données fournies par Tantalus après des forages exploratoires, le gisement découvert à Madagascar dans la région d'Ampasindava (nord-ouest) recèlerait 130 millions de tonnes d'argile latéritique contenant des oxydes de terres rares à une concentration de 0,08%. Il est prometteur, car les métaux qui s'y trouvent semblent similaires à ceux exploités en Chine, selon l'entreprise. En particulier, parmi les métaux enfouis, 20% semblent être des terres rares lourdes, les plus recherchées et les plus difficiles à produire.

La concession de Tantalus à Madagascar recouvre une surface de 300 km2, comportant plusieurs villages et 20 km2 de forêt primaire. Selon la société, cotée sur le marché libre de Francfort, la demande mondiale pour les terres rares va quasiment doubler d'ici 2015, à 125 000 tonnes par an.

Mis à jour le Mardi, 24 Avril 2012 08:27