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Propos tenus hier par Manandafy Rakotonirina, dirigeant pro-Ravalomanana et membre du CST : « Si comme on le raconte en France, Eva Joly sera nommée ministre des Affaires étrangères, cela va changer beaucoup de choses.
Comme elle connaît bien les lacunes de la justice malgache, Christine Razanamahasoa pourrait être destituée du jour au lendemain… ». Candidate des Verts à la récente élection présidentielle française, Eva Joly connaît effectivement très bien la justice malgache. De 2004 à 2006, pour le compte de la coopération norvégienne, elle fut la conseillère du chef d’Etat Marc Ravalomanana en matière judiciaire. Sa mission consistait à extirper la corruption dans le système judiciaire malgache et, il faut bien le dire, elle s’est investie corps et âme dans sa tâche. Mais on ne sait si cette magistrate franco-norvégienne aura les bras suffisamment longs pour écarter de son poste la ministre de la Justice Christine Razanamahasoa. Pour l’instant, en tout cas, rien n’indique qu’Eva Joly fera son entrée dans le gouvernement français. Pour la pousser à un poste de ministre, une pétition faite sur Internet par ses partisans a recueilli plus de 10 000 signatures. Selon des analystes de la politique française, le ministère des Affaires étrangères n’est pas destiné à Eva Joly, mais plutôt un département chargé de la régulation financière (la dame a travaillé sur l’évasion fiscale et les paradis fiscaux), ou un poste au Conseil Constitutionnel. Néanmoins, on évoque le cas de l’écologiste allemand Joschka Fischer, qui fut vice-chancelier et ministre des Affaires étrangères de 1998 à 2005, pour dire que le Quai d’Orsay n’est pas définitivement fermé à Eva Joly. Créditée de 2,3% au second tour, Eva Joly, âgée de 68 ans, compte parmi les écologistes qui pourraient faire leur entrée dans le nouveau gouvernement socialiste, avec Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé. A. R. |