Vanille: Celle de La Réunion est plus cher PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 13 Juin 2012 07:43
La qualité vaut cher et Madagascar l’apprend à ses dépenses. Même s’il est le premier producteur mondial de vanille, La Réunion affiche des prix nettement supérieurs. Lors de l’atelier national sur la commercialisation et la mise en place de la plateforme nationale de la filière vanille à Sambava les 11 et 12 juin 2012, la question de la qualité a été soulevée une fois de plus. A cette occasion, le Premier ministre Omer Beriziky a précisé : « Nous exportons la vanille, ce qui implique que nous devons améliorer la qualité de ce produit pour qu’il puisse être compétitif et recherché sur le plan international. La vanille malgache a bénéficié d’une renommée internationale durant des années. La qualité de la vanille n’est pas l’affaire des planteurs seuls, tous les acteurs de la filière sont concernés. La question de sécurité oblige souvent les planteurs à récolter les gousses immatures, qui donneront de la vanille de mauvaise qualité. La vanille de meilleure qualité coûte plus cher. La vanille de la Réunion par exemple s’est améliorée et aujourd’hui elle vaut plus cher que la vanille malgache. Améliorer la qualité n’est pas chose facile. Ainsi nous devons travailler de concert ».

Quant à Olga Ramalason, ministre du Commerce, elle rappelle que la promotion des exportations est l’une des priorités de son département. A cet effet, des responsables du ministère travaillent sur les éventuelles opportunités d’exportation de la vanille. Rappelons que presque tous les ans, la filière vanille fait l’objet d’un atelier national qui se tient dans la région productrice, soit la SAVA. Mais la vanille de Madagascar est dépassée par celle de La Réunion en termes de qualité et donc de prix. Le ministère souligne qu’en 2011, les décisions prises lors de l’atelier annuel n’ont pas apporté entière satisfaction. Il avance que les textes régissant la filière doivent être bien établis. A ce sujet, des professionnels de la filière déplorent l’arrivée de certains nouveaux venus qui sont, en réalité, des opportunistes. Ces derniers nuisent à la fois à la qualité et au prix. Ils ne disposent pas d’infrastructures adéquates, comme les magasins, pour le traitement nécessaire à l’export. Evidemment, ils n’ont pas de charges et se permettent d’acheter moins cher chez les planteurs et préparateurs.

Depuis plusieurs années, des professionnels de la filière ont demandé au Bureau des normes de Madagascar et au ministère du Commerce de professionnaliser le métier de l’exportateur. L’idée est d’encadrer ce métier par un texte clair mais la demande de ces professionnels est demeurée sans réponse depuis. Résultat : seuls 5% de la vanille de Madagascar peuvent être qualifiés de qualité gourmet. Il s’agit de la vanille noire de 1ère qualité.  

Fanjanarivo