Infrastructures routières: En dégradation avancée PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 13 Juin 2012 07:44
Des ornières, des pans entiers de chaussée emportés par la pluie, des hautes herbes qui rampent jusque sur la chaussée… Ces images sont de plus en plus fréquentes que ce soit sur les routes nationales, régionales ou communales. Ce n’est pas étonnant quand on sait que plus de 70% du Programme d’investissement public (PIP) ne reçoivent plus des bailleurs de fonds l’enveloppe nécessaire depuis 2009. Le secteur infrastructures a reçu de ces bailleurs 69,3 millions US$ en 2010, contre 53,7 millions US$ en 2011, soit une importante baisse de -22,4% d’une année à l’autre d’après le Rapport sur la coopération au développement (RCD 2010-2011). Rappelons que des grands projets routiers financés par l’Union européenne auraient dû démarrer dans le courant du 1er semestre 2009. Mais à cause de la crise, ces projets de réhabilitation des grands axes routiers de la partie sud du pays ont capoté. Le résultat est désastreux puisqu’à part l’axe Tana-Toliara, le Sud est toujours enclavé. Le reste du pays voit ses infrastructures se dégrader à grande vitesse, faute d’entretien. Seules quelques routes nationales font l’objet d’entretien. Mais il s’agit souvent de travaux dont la qualité laisse parfois à désirer.

Notons toutefois que le secteur infrastructures voit l’intervention d’au moins 13 bailleurs de fonds entre 2009 et 2011. Il compte ainsi le plus d’acteurs en matière de financement. Mais le résultat est loin d’être probant à cause d’une enveloppe insuffisante. L’Union européenne (UE) a été toujours en tête des bailleurs de fonds qui injectent de l’argent pour les infrastructures. Mais à cause de la crise, elle sanctionne le gouvernement, et par la même occasion les Malagasy, en suspendant ses financements. Depuis l’année dernière, une reprise progressive est toutefois constatée puisque l’UE représente près de 20% de l’aide dans le secteur. La Banque mondiale avec plus de 50 millions US$ et la Banque africaine pour le développement (BAD) avec un peu plus de 30 millions US$ sont, par contre, les plus grands contributeurs en termes de financement des infrastructures. La France aussi se distingue avec la réhabilitation des ports de Morondava et d’Antsiranana ainsi que les projets d’aménagement des villes par l’Agence française de développement (AFD).

Pourtant, il faut signaler que la réhabilitation du port de Morondava ne rend pas les services attendus. En effet, le canal est ensablé et le dragage coûte cher. Conséquence : seuls les petits bateaux peuvent accoster et à marée haute seulement. Sinon, le secteur infrastructures compte de nouveaux bailleurs de fonds comme le Koweït, l’Organisation des producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP), la Chine.

Sécurité routière : prévenir d’abord, guérir si besoin est

Conférence axée exclusivement sur la sécurité routière et organisée par la société Lafarge, hier au dépôt-point de vente de cette dernière sis à Anosizato. Conduite en fait sous le thème de l’analyse des risques encourus par l’ensemble des usagers de la route dont une quarantaine de conducteurs et chefs d’entreprise sous contrat avec l’antenne malgache de cette société internationale spécialisée dans la fabrication de matériaux de construction et l’acheminement de ceux-ci vers leur destination finale, la rencontre d’hier était en majeure partie vouée à une meilleure sensibilisation autour de la notion de conduite préventive (ou défensive, c’est selon) sur tout le territoire national.

Pour Rajaonarison Claude Roger, un des formateurs dans le cadre de cette même conférence, sans réelle prise de conscience des conducteurs – « en principe, ceux-ci constituent les premiers responsables dans le secteur du transport », insiste ce consultant – sur la gravité des risques en matière de circulation routière, tout projet ou programme relatif à la sécurisation du domaine en question sera difficilement réalisable, si cela ne s’avère tout simplement utopique. « Ainsi, par le biais de cette conférence, nous tenons à rappeler les rôles principaux d’un chauffeur digne qui, d’une manière générale, consistent à assurer sa propre sécurité ainsi que celle des passagers et des marchandises, vérifier le bon état du véhicule, et vérifier également la validité des papiers réglementaires et obligatoires à bord », a alors précisé le formateur à ce propos.

Interrogé sur le même sujet, un autre formateur (Ndlr, ce dernier a préféré garder son anonymat) répond que « le non respect des panneaux de signalisation et celui des horaires préétablis pour la circulation, notamment de véhicules lourds constituent les infractions routières les plus fréquentes dans le pays ». Du même avis que son collègue, ce commissaire de police apparemment spécialisé dans le domaine de la sécurité routière estime qu’une meilleure coordination des activités incombant aux différents acteurs et parties prenantes dans ce secteur d’activité – le ministère de tutelle via l’Agence de transport terrestre, les autorités compétentes au niveau communal et les autorités policières, en l’occurrence – s’avère en ce moment d’une grande utilité si le pays souhaite vraiment asseoir une forme efficace de sécurité routière sur son territoire…

A.D.