Hausse de l'énergie: Un risque pour faire fuir les unités textiles PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 27 Juin 2012 07:57

17% de hausse pour l'électricité et 14% pour l'eau depuis mars dernier.

" Cette hausse du coût des facteurs est catastrophique sur l'économie étant donné que ces entreprises (c'est-à-dire les entreprises textiles) peuvent se déplacer vers les pays où les coûts de facteurs sont moins chers. Cette situation pourrait donc engendrer la fermeture de ces firmes, qui par la suite, pourrait conduire à des pertes d'emplois donc à des pertes de revenu pour les ménages ". Cette analyse est du Centre de recherche, d'études et d'appui à l'analyse économique à Madagascar (CREAM). Dans son bulletin n°1 publié ce mois de juin, cette entité évoque ce problème qui risque de déboucher encore sur des conséquences socioéconomiques néfastes en cascade. Les données du PNUD sont claires : le secteur secondaire a perdu 21% des emplois, contre 79% dans le secteur tertiaire. Si les entreprises textiles font face à d'autres problèmes, le taux de 21% en termes de pertes d'emplois risque encore de grimper. Cette situation ne peut qu'aggraver la situation socioéconomique des ménages concernés.

Mais il n'y a pas que l'emploi. En effet, les entreprises textiles représentent actuellement la moitié des exportations malgaches. Elles sont pourtant des grandes consommatrices d'énergie. En fait, le cas des entreprises textiles n'est pas isolé. L'inflation des prix de l'électricité et du carburant entraîne des impacts désastreux sur le social et l'économie. Ces impacts sont d'autant plus cuisants, surtout pour les ménages, étant donné que l'Etat et les bailleurs de fonds se contentent de financer presque exclusivement le social depuis 2009. Ils n'ont pas mis grand-chose dans la relance économique, alors que c'est la clé d'un accès durable aux services socioéconomiques. Le CREAM avance, de son côté : " La hausse des prix à la consommation pourrait entraîner la baisse de la demande suite à celle du pouvoir d'achat qui, à son tour, entraînerait la baisse de l'activité économique. Cette situation pose une menace sur l'économie malgache ". Pour le secteur tourisme qui s'est relevé rapidement à la suite des violences politiques du 1er semestre 2009, il risque aussi de sombrer.

Le CREAM pense qu'avec la hausse des prix de l'énergie, les compagnies aériennes pourraient aussi relever leurs tarifs. De quoi menacer le tourisme où les tarifs aériens sont déjà considérés comme élevés. Au 1er trimestre 2012 pourtant, les données sur les arrivées des touristes indiquent le chemin de la relance du secteur avec 51 179 touristes enregistrés sur la période. L'objectif pour l'année est de 245 000 touristes et l'on est actuellement en pleine haute saison. En fait, l'inflation créée notamment par la hausse des prix de l'électricité et du carburant aura des répercussions néfastes sur l'économie nationale. Le CREAM craint même qu'elle dépasse la prévision de 7,7% inscrite dans la loi des finances, si des mesures ne sont pas prises.