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Pendant les festivités de l'indépendance hier et avant-hier, beaucoup de jeunes titubaient sous le coup de l'alcool, s'invectivaient et créaient des bagarres.
Ces images prennent une place inquiétante dans la société et notamment dans les villes où les pertes d'emplois sont estimées à 36 000 depuis décembre 2008. Ce chiffre du Bureau international du travail (BIT) précise que les jeunes sont les plus concernés par ce problème. D'après la Banque africaine pour le développement (BAD), l'Afrique a la plus jeune population au monde et d'ici 2030, 1 jeune sur 4 sera africain. La BAD avance que ceci est une considérable opportunité pour le continent. Mais cette population pourrait aussi présenter un risque sérieux et une menace de taille pour la cohésion sociale et la stabilité politique si les décideurs ne parviennent pas à créer des moyens de subsistance durables pour ce groupe de population. A Madagascar, aucune politique pour les jeunes n'est en place. Même le ministère censé s'en occuper est balloté d'un département à l'autre depuis des décennies. Pour couronner le tout, la jeunesse ne bénéficie pas d'un budget public conséquent. Dans la loi de finances 2012, le ministère de la Jeunesse et des Loisirs est crédité d'un budget de 4,8 milliards Ar, contre 214,5 milliards Ar pour la santé, près de 183 milliards Ar pour l'agriculture… Ce n'est pas une nouveauté parce que les lois de finances précédentes ont été pareilles en ce qui concerne le volet jeunesse. Rappelons toutefois que faute d'une vision et d'une politique socioéconomique nationale, le pays ne peut compter que sur les lois de finances. Celles-ci sont loin de répondre à un développement durable incluant l'avenir des jeunes. Le pays avait le MAP sous le régime précédent, mais ce document ne présentait pas une vision à long terme en termes de croissance et de développement. La BAD affirme qu'avec l'Union africaine, la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), et l'Organisation internationale du travail (OIT), elle a récemment mis en place une initiative commune pour accroître l'efficacité et l'efficience des efforts consacrés à l'emploi des jeunes. Cette initiative a aussi pour but de faciliter la mise en œuvre de plans avec pour objectif à long terme de stimuler l'emploi des jeunes en Afrique. Dans ce sens, la BAD organise un dialogue de haut niveau sur les politiques de l'emploi des jeunes en Afrique le 9 juillet à Lusaka, Zambie. Ce séminaire se concentrera sur les défis et opportunités rencontrés par des pays d'Afrique australe, soit l'Angola, Madagascar, le Malawi, Maurice, le Mozambique et la Zambie. Ces pays font face à des défis similaires sur la question du chômage des jeunes. |