Propos d’Andry Rajoelina, à son retour lundi de Rio : « Si les véhicules 4x4 n’ont pas obtenu de succès, qu’on utilise les hélicoptères. J’ai d’ailleurs donné des consignes dans ce sens… ».
Le président de la Transition répondait ainsi à une question sur la traque infructueuse des « dahalo » dans le Sud. On s’achemine, donc, vers un changement de stratégie dans la poursuite de la bande de Remenabila qui, il y a trois semaines, a tué une dizaine de militaires dans une embuscade à Iabohazo (district d’Amboasary-Sud). Jusqu’ici, en effet, la tactique des forces de l’ordre consistait à courir derrière les « dahalo », à pied ou en 4x4. La méthode n’a apporté aucun résultat car les malfaiteurs courent toujours. Le général en retraite Ramakavelo Désiré, ancien ministre de la Défense, a expliqué ainsi les raisons de l’échec : les troupes suivent à la trace les bandits et courent ainsi vainement depuis des semaines, car aucun « bouchon » n’est placé devant l’adversaire pour stopper sa marche. Bref, la stratégie adéquate devrait, donc, consister à rabattre les bandes de malfaiteurs vers des forces de l’ordre, lesquelles n’auraient plus qu’à les cueillir ou à les… exterminer. L’entrée en lice des hélicoptères devrait faciliter la mise en œuvre de cette stratégie. Nos hélicoptères, surtout des « Alouette », ne sont pas des appareils de combat équipés de mitrailleuses ou de système de largage de bombes. Ils devraient, donc, servir de moyen de transport pour convoyer rapidement les troupes d’un point à un autre. Les bandes de malfaiteurs, une fois repérées, les hélicoptères peuvent les prendre de vitesse et déposer devant elles des détachements armés pour servir de « bouchon ». D’autres sections seront débarquées sur les arrières de l’ « ennemi » pour le pousser vers l’avant. Bref, si les hélicoptères sont employés judicieusement, nos militaires pourraient remporter les premiers succès dans le Sud. Dans tous les cas, sur un terrain accidenté et face à un adversaire mobile, l’hélicoptère devrait faire merveille car peut faire des sauts de puce sur le trajet des malfaiteurs. De cette manière, nos forces de l’ordre peuvent tendre des embuscades, déployer un mouvement d’encerclement ou ratisser une zone. Le défilé militaire d’hier au stade de Mahamasina a mis en exergue un fait : notre Armée a été formée et a été équipée pour une guerre « conventionnelle », c’est-à-dire un conflit avec un face à face entre militaires en uniforme, avec préparation d’artillerie puis déploiement de l’infanterie et des chars sur un terrain découvert. Comme notre île ne craint pas une invasion qui impose un affrontement de cette nature, nos officiers devraient surtout être formés à la guerre « de mouvement », face à un adversaire qui réalise des coups de main avant de se fondre rapidement dans la nature. Bref, notre Armée devrait s’adapter aux nouveaux défis qui se posent à elle : contrer des bandes de malfaiteurs qui tuent et pillent, et qui n’ont pas peur de se frotter aux militaires réguliers. A.R.
Faut-il négocier ? Beaucoup de personnalités sont contre la tenue de négociations entre les forces de l’ordre et les « dahalo » conduits par Remenabila. Le ministre de l’Intérieur Florent Rakotoarisoa, magistrat de son état, estime que la traque doit aboutir à la mort des « dahalo » car « ceux qui ont tué par le sabre doivent périr par le sabre ». De son côté, le général en retraite Ramakavelo Désiré, ex-ministre de la Défense et actuel membre du CST a fait la déclaration suivante : « Il n’y a qu’à Madagascar qu’on voit des forces de l’ordre négocier avec des dahalo, c’est-à-dire avec des assassins… ». En fait, ces partisans de la manière forte se trompent car les négociations avec des terroristes et des assassins sont monnaie courante ailleurs. Citons l’exemple récent et fortement médiatisé de Mohamed Merah, le djihadiste qui a tué trois militaires français et exécuté trois élèves et enseignants dans un collège juif de Toulouse. Même repéré et cerné dans un immeuble de Toulouse, Mohamed Merah fut épargné pendant 32 heures, les forces de l’ordre essayant de le raisonner et de l’amener à se rendre. En effet, les forces de l’ordre « civilisées » s’attachent à appréhender vivants les malfaiteurs qu’elles traquent. Et ce pour éviter les exécutions extra-judiciaires qui donnent un air sauvage et barbare aux opérations de police. Signalons néanmoins que la peine de mort figure toujours dans notre code pénal, et peut être appliquée sur les ennemis publics les plus nocifs, comme Remenabila et ses sbires. Au début des années 50 d’ailleurs, ce furent des voleurs de bovidés qui ont fait l’objet des dernières exécutions judiciaires de notre histoire. Néanmoins, une remarque généralement avancée donne à réfléchir : dans la capitale, les bandes de malfaiteurs cernées sont attaquées et tous leurs éléments tués (comme Mahandry et ses trois complices à Nanisana), alors que dans le Sud, on parlemente… A.R. |