|
Lors d'un entretien à l'ambassade d'Allemagne à Bel Air hier, le docteur Hans-Dieter Stell, chargé d'affaires, répond aux questions de La Gazette de la Grande Ile dans un style direct mais simple.
La position de cette première puissance économique d'Europe et quatrième du monde est ainsi plus claire, concernant l'interminable crise actuelle, qui vire au cauchemar chaque jour davantage pour de nombreux compatriotes. Interrogé sur son absence fort remarquée à Mahamasina la matinée du 26 juin, le diplomate explique d'emblée qu'il était par contre bien présent lors de la réception présidentielle au palais d'Iavoloha : "Nous voulons garder un peu notre distance critique envers cette partie de la vie politique malgache. Pour nous, les militaires doivent rester en caserne". Les parades militaires n'existent d'ailleurs pas en Allemagne. Les fêtes nationales y sont célébrées dans la rue, par et pour la population civile. " Puis, comme pour s'excuser de ces propos qui vont droit au but comme un coup de fusil, le probable futur ambassadeur d'Allemagne ajoute : "C'est certainement à cause de notre histoire ". Allusion faite au désastre nazi, à l'époque où les militaires allemands voulaient asservir le monde. Pour le diplomate donc, après trois ans d'une crise sans interruption, c'est à la classe politique de prendre leur responsabilité, et non à des généraux et colonels. "J'ai entendu avec plaisir les propos du Président qui a déclaré que les politiques devront désormais être exemplaires. J'espère qu'il arrivera à concrétiser cela, concernant sa rencontre avec Ravalomanana et la fixation du calendrier des élections", soutient-il. En réponse à une question, Hans-Dieter Stell affirme : " Nous ne sommes pas pour le retour de Ravalo (au pouvoir, ndlr), mais pour une solution acceptée par les Malgaches. Les deux ou ni l'un ni l'autre lors des prochaines présidentielles, ce sera aux Malgaches d'en décider. " Interrogé sur les condamnations qui entachent l'éligibilité de l'ancien président en exil, le diplomate affirme que son retour est prévu dans la feuille de route, et la souveraineté de la justice malgache aussi. "Laissez-le revenir et recommencez son procès, nous ne serons pas contre. Mais il faut tout clarifier et trouver des solutions transparentes pour pacifier la vie politique malgache ", dit-il. " C'est faux de croire que l'Allemagne est derrière Ravalo. Notre aide budgétaire a été déjà gelée sous lui, comme celle d'autres nations. Mais, nous voulons garder une équidistance entre les deux principaux protagonistes ", poursuit le représentant de la grande Allemagne. Le souhait de cette dernière étant l'application de la feuille de route et la fin de la transition à l'issue des élections. Ainsi, la présentation d'une copie de sa lettre de créance est un geste symbolique, honorant le développement de l'application de la feuille de route. Beaucoup plus visible depuis la signature de la feuille de route, l'Allemagne œuvre dans les aides humanitaires, la protection de l'environnement, les secours après cyclone ainsi que dans des microprojets dans le domaine des droits de l'homme. Le mot de la fin ? " Chaque démocratie vit de compromis, et pour trouver des compromis, il faut parler. La sortie de crise est de la responsabilité de la classe politique, les pays amis sont là pour accompagner le processus." Propos recueillis par Bernard Saraléa. |