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Interrogé vendredi dernier sur l'existence éventuelle d'un ou plusieurs réseaux de trafic de jeunes filles, depuis Madagascar vers l'Allemagne, problème qui a été soulevé dans nos colonnes il y a quelques semaines,
le chargé d'affaires à l'ambassade concernée, le docteur Hans-Dieter Stell, a répondu sans toutefois ni confirmer, ni formellement infirmer les faits. " Nous connaissons ce trafic à l'échelle mondiale, " a-t-il affirmé. " Et nous participons à la lutte contre le fléau à travers les institutions internationales telles que l'ONU et d'autres. C'est un problème à l'échelle mondiale" a-t-il réitéré, comme pour dépassionner le débat en le replaçant dans un cadre plus global. L'article de La Gazette de la Grande Ile avait évoqué le cas de deux jeunes filles d'Antsirabe, envoyées en Allemagne comme jeunes filles au pair après avoir suivies un cours d'allemand. On a également suggéré d'autres possibilités, comme la poursuite des études ou le mariage mixte, toujours considéré comme une sorte de promotion sociale pour les demoiselles du Tiers Monde. " Le cas des jeunes filles au pair est pour nous une occasion d'offrir un visa de long séjour en Allemagne, pour les jeunes filles malgaches. Mais nous savons en même temps les risques de danger concernant ce genre de stage " a reconnu le diplomate. Et lui de continuer sur le même registre : " Nous ne contrôlons pas le retour des jeunes filles au pair ou des étudiantes. Mais, nous recevons toujours des informations de la police allemande au cas où celles-ci restent en Allemagne, et sont retrouvées lors d'un contrôle. Durant les dernières années, nous n'avons rien reçu de ce genre de la police de notre pays ". En tout cas, la précaution prise par les autorités allemandes consiste " à préférer travailler avec des agences de pair allemandes, car si quelque chose se passe, celles-ci peuvent être sanctionnées ". Le propre des trafics étant d'exister dans la clandestinité, tout cela se comprend. Et le fait qu'aucun délit flagrant n'ait été constaté depuis longtemps peut signifier que si le trafic existe vraiment, il n'est pas très important. " A cause de l'Espace Schengen qui laisse les frontières ouvertes entre les pays de l'Union Européenne, il est difficile de savoir si telle ou telle est restée ou est repartie dans un autre pays européen ". N'empêche que l'une de nos sources, un policier de haut grade qui a eu le privilège de visiter plusieurs fois l'Allemagne et surtout Frankfurt, atteste de l'existence de bordels dans lesquelles des filles de toutes les races opèrent souvent contre leur gré : interdiction de sortie, confiscation de passeport, etc. Le chef de mission allemand n'a pas esquivé cette question non plus : " Ce sont surtout les filles de l'Est qui officient dans ces maisons closes. La barrière des langues fait que des filles en provenance des pays francophones pourraient surtout être tentées par la Belgique ou encore la France. " Mais dans le cas qui nous échoit, cette barrière des langues est un avantage pour les trafiquants de chair fraîche, car ils n'ont pas besoin que leurs " protégées " communiquent trop avec les clients, afin de ne pas dévoiler le pot aux roses. Néanmoins et en attendant d'y voir plus clair, le mieux pour les parents et les victimes potentielles d'éventuels trafics de femmes vers les pays d'Europe ou du Moyen Orient est de se méfier des offres trop alléchantes et de prendre contact avec l'ambassade concernée, le cas échéant. Car, à notre connaissance, rares sont les pays qui auraient pu réussir à éliminer toute forme de trafic sur leur sol, quels que soient la forme et l'objet de celui-ci. Bernard Saraléa |