Ressources naturelles: Font augmenter la richesse nationale à 3 500 milliards US$ PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 05 Juillet 2012 07:21

Le PIB ou la richesse de Madagascar avoisine les 8,7 milliards de dollars selon les données officielles.

On est donc très loin du chiffre avancé par la Banque mondiale repris par Songadina, le dernier bulletin bimestriel de Conservation international. Un chiffre qui fait rêver à condition que cette richesse soit bien redistribuée. Jusqu’ici en effet, le pays n’a pas une politique claire en matière de redistribution des richesses. La répartition des richesses obtenues à partir du commerce « légal » de bois précieux est un exemple très parlant. Elle n’a pas changé grand-chose pour les bûcherons mais a fait gonfler la fortune des exportateurs, même si ces derniers sont largement dépassés par les Chinois importateurs en termes de revenus issus de ce commerce. Or, la Banque mondiale estime que si l’on intègre la valeur du capital naturel dans les calculs, cela porterait la richesse du pays à près de 3 500 milliards de dollars. Converti en ariary, ce chiffre fait exploser la calculatrice. Il est plus de 400 fois le PIB actuel. De quoi sortir tous les Malagasy de la pauvreté. Seulement, ce capital naturel est en danger.

Songadina remarque que toutes les espèces de la faune et de la flore du pays sont subissent des menaces : « 25 familles endémiques, regroupant plus de 450 genres parmi les plantes et les vertébrés, 14 000 espèces végétales dont près de 90% endémiques, 101 espèces et sous espèces de primates… En matière de biodiversité, Madagascar peut se targuer d’être l’un des pays les plus riches. Malheureusement, toutes ces espèces sont en danger. L’altération, voire la destruction, de leurs habitats naturels, transformés en terres de culture, est la principale menace ». Cette menace ne concerne pas seulement ces espèces : « Avec la disparition des écosystèmes, la biodiversité et les services environnementaux sont irrémédiablement perdus : eau, équilibre climatique, santé, énergies, etc. Pourtant, la protection du capital naturel pourrait apporter plus de bénéfice économique pour le pays que l’exploitation sauvage et destructrice ». Les impacts socioéconomiques de la destruction de l’écosystème sont déjà une réalité. On peut citer l’irrégularité de la saison des pluies et l’insuffisance pluviométrique qui ont des conséquences néfastes sur l’agriculture, la santé humaine, etc.

Dans le Nord aussi, les sources disparaissent une à une. Toujours dans le domaine hydrologique, le potentiel en hydroélectricité de 7 800 MW demande fort probablement une mise à jour étant donné l’insuffisance pluviométrique de plus en plus régulière. Or, l’hydroélectricité est assurément l’énergie renouvelable la plus maîtrisée par les ingénieurs et techniciens malagasy. Parmi les pistes pour faire du capital naturel un levier de développement, Conservation international cite les aires protégées, l’écotourisme...