Revenus dans l’écotourisme: 150 fois supérieurs au budget du ministère PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 05 Juillet 2012 07:22

L’écotourisme continue à avoir le vent en poupe et c’est d’ailleurs le premier motif de visite des touristes qui viennent à Madagascar.

L’année dernière, 225 000 touristes ont visité les parcs du pays d’après les données du bulletin bimestriel de Conservation international. Ces touristes ont généré 260 millions de dollars de recettes ou environ 520 milliards Ar, soit près de 150 fois le budget du ministère du Tourisme pour 2012. Cette comparaison démontre à quel point le tourisme et ses différentes branches sont encore loin d’être la priorité de l’Etat. Ce problème n’est pas nouveau. Or, rien que dans l’écotourisme, les emplois créés en 2011 ont été de 31 000. On sait que le pays voit débouler sur le marché du travail dans les 500 000 jeunes à la recherche d’un emploi. Il faut y ajouter la population sous-employée (25% selon l’Enquête périodique auprès des ménages), c'est-à-dire ceux dont la durée du travail est courte. Il y a aussi la population en situation d’emploi inadéquat qui représente 42M de la population active occupée. Et bien sûr, les emplois créés dans l’informel dont les conditions sont souvent difficiles et précaires. Dans le tourisme pourtant, les emplois sont généralement formels et présentent souvent un bon parcours de carrière.

Concernant l’écotourisme, Ranomafana n’a compté dans les années 80 aucun hôtel apte à recevoir les touristes. Mais de 1994 à 2011, les établissements hôteliers y sont passés de 3 à 16. En 2001, le site a enregistré 33 guides contre 52 en 2011. L’évolution est donc très nette et positive. Elle est notamment liée à la préservation de ce site protégé. Ranomafana n’intéresse pas seulement les touristes, il attire aussi les chercheurs et les scientifiques. Les nationaux aussi commencent à s’intéresser au tourisme. Les promotions lancées ces dernières années par des opérateurs touristiques y contribuent beaucoup. Il faut toutefois relever que l’informel commence à gêner les opérateurs formels du secteur. On lit dans les journaux des annonces de promotion de vacances où ne figurent aucun contact d’entreprise. Seuls des numéros de téléphone y sont publiés. Presque toutes les branches du secteur sont gangrenées par l’informel, l’hébergement avec le foisonnement des chambres d’hôtes, le guidage, la location de voitures, etc. Le ministère du Tourisme essaie actuellement de formaliser et de normaliser les établissements touristiques. Les résultats seront connus d’ici quelques mois. 

Fanjanarivo