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Lundi dans le magnifique hémicycle (NDLR: assemblée nationale), le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault a prononcé son tant attendu discours sur les orientations générales comme le lui autorise l'article 49 de la constitution de 1958.
Pendant ce temps alors qu'une nouvelle ère rose commence en France, on apprend que l'ancien président Nicolas Sarkosy est visé dans une triple perquisition: à son domicile, dans son cabinet et celui de son avocat sur l'affaire Bettencourt concernant le financement occulte de partis, le principal intéressé étant en ce moment même en vacances au Canada... Depuis le 16 mai, cet illustre français, anciennement l'un des hommes les plus puissants du monde, s'est vu perdre son immunité liée à sa fonction, corollaire logique à son retour à l'état de justiciable "comme les autres". Les enquêteurs sont venus dans le cadre du financement de sa campagne en 2007, chercher des traces de remise en espèces illégale, chez lui et à son cabinet. Parallèlement dans l'affaire qui porte le même nom, cette fois-ci, c'est la juge d'instruction Prevost - Desprez, qui est mise en examen ce jour pour violation du secret de l'instruction, suite à une perquisition sous son égide datant du 1er septembre 2010 ou elle aurait quelques heures plus tard donné les détails dans un article du journal Le Monde. Manifestement ça s'agite en France et les personnes concernées par ces secousses sont de forts représentants du pouvoir républicain. Une question démange : à quand le tour de Madagascar? Nous avions (et avons) des dirigeants qui arrivent à s'enrichir aux dépens du peuple. Est-ce normal d'être un ancien président et de posséder un patrimoine immobilier dans les quartiers chics de Paris et/ou sa banlieue? Est-ce décent quand la population, sa population a du mal à se nourrir et à répondre aux besoins fondamentaux? Est-ce logique de voire des ministres posséder des voitures haut de gamme et/ou hôtels à l'étranger sans que la justice puisse enquêter sur ce contraste? Depuis quand être un fonctionnaire de cette qualité revient à avoir le train de vie d'un chef d'entreprise? Est-ce normal qu'un parlementaire et/ou un (ancien) sénateur vous interpelle dans des halls d'hôtels de luxe pour vous vendre de la tourmaline et du bois de rose, au vu et au su de tout le monde ? Quand est-il de la décence liée à la sobriété de la République? Et tant d'autres relevant du comportement honteusement décalé de nos représentants par rapport au peuple ? Toutes ces questions, en 2012, avec la maturité de démocratie comme la France devrait être un modèle de fonctionnement sur la notion de justice. Où sont nos médias qui sont censés être le dernier rempart entre le pouvoir, le peuple et la révolution (ou guerre civile) ? Quand on regarde les infos de la métropole, on ne peut que rester admiratif et plein d'espoir pour notre cher Île. Un homme politique doit être un exemple de conduite de probité. Certes, il n'est pas un ange, il n'est pas parfait. Pour ce faire, il doit répondre de ses actes devant la justice, celle qui remet en place ces idées de grandeurs qui sont trop souvent les fantasmes de dictateurs pitoyables quand aucun ordre ne vient les stopper. Un juge est à la justice ce que le moine est à la religion : le bras armé de la Loi. Malheureusement à Madagascar on n'aime pas ce monde d'égalité, on préfère, au vu de certains de nos juges et de leur propension à prendre les pots de vins, usurper la robe de justice pour en faire une mafia légale. Tous les jours on se ballade dans le pays en voyant la pauvreté, la misère, le désœuvrement social pour certains. Le peuple malgache paye encore pour ces privilégiés qui mentent, et tuent petit à petit ce qui est malgache en nous et, grignote le reste d'humanité chez ceux que tout ces gens ont volés sans vergogne. Il faut le faire le ménage, profiter de cette transition pour faire cet état des lieux et virer ce qui a détruit notre pays par la sanction pénale et l'exil. Il est inutile de se leurrer, même si dans un premier temps il est avantageux et toujours plus détendu de vivre dans un pays où l'Etat se désengage sur toutes les questions et en premier lieu sur celles de la fiscalité cela ne peut durer dans le long terme. Les chefs d'entreprises, les leaders d'opinions et autres acteurs économiques et intellectuels de Madagascar ne peuvent se réconforter dans une société où l'on vient la nuit vous dépouiller, où le violeur de votre fille s'en sortira car ses parents mieux installés que vous aura payé le juge, où les privilèges du jour changent en fonction de l'humeur du haut fonctionnaire... Car une société où l'insécurité, le droit ajustés aux privilégiés ne peuvent tenir et assurer le bon fonctionnement de vos projets et bloqueront à un moment donner vos capacités d'évoluer. Tout cela ne peut prendre fin si nos acteurs économiques qui sont le sang qui circule dans les veines de notre économie ne tapent pas du poing à leur tour. Madagascar est à tout ceux qui se l'approprient, à vous qui avez... Vous pouvez ! L. Ranavalona |