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La mouvance Ravalomanana a fini par révéler les vrais motifs de la fronde de ses ministres.
Pour l’essentiel, il se pourrait qu’au menu de la fameuse rencontre Rajoelina-Ravalomanana, pour figurer une question de gros sous. Pour la mouvance de l’ex, il s’agit de remettre en selle leur patron, mais et surtout, muni d’un solide viatique. Rentrer au pays est une chose, mais le nerf de la guerre, une autre. La clé de la sortie de crise pourrait bien porter sur des « accords » sur l’avenir de la fortune de Marc Ravalomanana. Ce sera donc, la seule vraie mesure d’apaisement que sa mouvance appelle de tous ses vœux. On se demande en quoi l’impunité fiscale, serait une mesure d’apaisement politique. Al Capone, une figure légendaire de la mafia américaine des années de la Prohibition, n’a pu être mis derrière les barreaux que pour fausses déclarations fiscales. Les mobiles sont clairs. Pour le camp de l’ancien Président, il ne s’agit pas que le patron et sa garde rapprochée aillent vers des élections cruciales, la présidentielle notamment, les mains vides. La tiédeur de Hery Rajaonarimampianina, ministre des Finances, à recouvrer les arriérés fiscaux du Groupe Tiko est ainsi des plus suspectes de dessous politiques. La rencontre Andry Rajoelina - Marc Ravalomanana pourrait donc n’être que des comptes d’épicerie, voire d’hypermarché, pour convaincre l’ex-Président à jeter du lest, beaucoup de lest, afin de faciliter le règlement de la crise politique malgache. Il n’y aura pas de nouvelles négociations ni de remise en cause, proclamait Andry Rajoelina devant un parterre de journalistes. Soit, mais il y aura du marchandage. « Passe-moi le sel, je te refile le poivre ». Ce n’est pas à l’honneur de la démocratie, mais Paris vaut bien une messe, disait Henri IV. Le roi de France a abjuré la religion (protestante) de ses pères à la seule fin de pouvoir régner sur la France, la fille aînée de l’Eglise (catholique). Andry Rajoelina ne serait pas le premier à être tenté, par patriotisme, d’acheter la paix. Le danger de la rencontre est là. On connaît l’inanité des efforts de la politique politicienne pendant quatre années de bras de fer. Ils nous ont menés dans l’impasse et ont bloqué la sortie de crise. Le combat a commencé par la dénonciation d’un « putsch », continué par l’exigence de légalité et de constitutionnalité, puis perduré avec la liberté d’opinion et d’expression, de semer des troubles au nom de la démocratie ou de bénéficier de l’impunité par la baguette magique de l’amnistie. Le retour de Marc Ravalomanana fut le leitmotiv de ces gesticulations politiques avant la fameuse feuille de route. Elle fut saluée comme la trouvaille du siècle avant de montrer vite ses limites. Le pays devrait se rendre compte qu’à travers Marc Ravalomanana, il n’a pas élu un Président de la République, mais un business man qui voulait se tailler un empire sur mesure et un gangster qui voulait devenir un parrain au sein de la mafia internationale. Ni la philanthropie, ni la démocratie, ni l’éthique n’est sa tasse de thé et il ne comprend qu’un seul langage, le langage de l’argent. L’impunité l’arrange et arrange ses affaires. Tous les opérateurs économiques rapportent mi-figue, mi-raisin l’appétit du personnage. « Si tu vends des cacahuètes et que ça marche, il va t’évincer du circuit pour s’emparer du marché ». On comprend qu’il n’a pas du tout apprécié que la Star ait lancé sa propre marque de boissons hygiéniques en bouteilles plastiques, juste après Tiko. Ce sont des pratiques normales dans le secteur et les crocs en jambes font partie de l’ordre naturel des choses. La bière NBM, par exemple, a dû se battre pour lancer ses produits. Plus que la perte du pouvoir, il semble que l’écroulement de pans entiers de son empire semble être le coup le plus grave que lui ait porté la crise. Plus qu’une solution politique pour Madagascar, la rencontre pourrait être un dialogue de sourds. Il n’est évident que Ravalomanana ne mette pas la rencontre à profit pour parler business, autrement dit mettre sur la balance son avenir matériel et faire du chantage. « Ton pays contre le Groupe Tiko », l’éternel maladroit Pierrot Botozaza, vice-Premier ministre de la mouvance Ravalomanana, a expliqué le boycott des conseils de gouvernement et des ministres ainsi que des sessions « parlementaires » par le non-respect de la Feuille de route, notamment des articles 16, 17, 18 et 20. Il a ensuite rajouté une louche, exigeant le dénouement des affaires des arriérés fiscaux du Groupe Tiko. La nébuleuse comprend les grandes surfaces (Magros), les unités de produits alimentaires (beurre, fromage, yaourt, etc.), Alma (Travaux publics) ou le groupe MBS de stations audiovisuelles. On sait où Pierrot Botozaza veut en venir. La carrure politique de Ravalomanana, il l’a gagnée à coup de pots de yaourt. Combien ont été distribués ou vendus à un prix symbolique lors des manifs du candidat à la mairie de Tana ou au palais présidentiel ? Le battage médiatique des stations MBS a assuré l’indispensable lavage de cerveau. « Croyez tout simplement ». Les nouvelles exigences énoncées sur le tard par l’ex-patron du port de Toamasina annoncent que Marc Ravalomanana se prépare à partir à la reconquête de son empire. L’erreur sera de céder. On ne cède pas devant le mal. On ne cède pas devant des voyous, sinon la pègre dominera la ville et envahira le pays tout entier. On ne croit pas « tout simplement ». On sait où cela nous a menés de 2002 à 2009. On ne cède pas quand les principes moraux et républicains sont menacés d’être bafoués par des individus sans scrupules. On ne cède pas aux avances des démons tentateurs. Mammon est le dieu des adorateurs du veau d’or. Befeno S. |