Emploi des jeunes: Inadéquation entre la formation acquise et la compétence requise PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 21 Juillet 2012 07:01

L’inadéquation entre la formation acquise et la compétence requise constitue un problème majeur pour l’emploi des jeunes.

L’enseignement général de base et universitaire, l’enseignement technique et la formation professionnelle publics produisent des diplômés qui ne correspondent pas toujours aux besoins du marché du travail. A titre d’exemple, près de 94 % des diplômés de l’enseignement supérieur en 2009 relevaient des filières de l’éducation, des lettres, des sciences sociales, des sciences et de la santé. Les filières de l’ingénierie et des industries de production ou de transformation n’ont formé qu’environ 4 % des diplômés, alors que ces profils sont en général beaucoup sollicités par le secteur privé.

Plus,  rapporte « 2012 Perspectives économiques en Afrique »,une étude effectuée en 2011 par l’Agence française du développement (AFD) identifie les secteurs suivants comme porteurs à Madagascar : le tourisme, l’agriculture et agro-industries, les NTIC, le transport et le BTP. La même étude relève que les filières de l’agriculture et du tourisme, considérés comme prioritaires au regard du potentiel d’emplois qu’ils regorgent ne comptaient que 500 étudiants. La même observation est faite pour le secteur du BTP qui manque structurellement d’employés qualifiés. Dans ces conditions, les difficultés de recrutement s’avèrent exacerbées dans les secteurs non considérés comme stratégiques, ou prioritaires, amenant certaines grandes entreprises à prendre des initiatives de création d’établissements de formation répondant aux profils recherchés. Par ailleurs, l’intervention des professionnels sur les méthodes d’enseignement dans le secondaire et le supérieur est encore faible.

Enfin, dans la mesure où le secteur formel n’a pas la capacité d’absorption suffisante de nombreux jeunes moins qualifiés, le secteur informel reste donc un lieu incontournable de l’insertion et de la professionnalisation. La crise actuelle à Madagascar renforce la prolifération du secteur informel par le développement du sous-emploi et des conditions de travail indécentes dont les jeunes constituent les principales victimes.

Du côté de la demande, l’insuffisance de création d’emplois pour absorber le flux de demandeurs d’emploi constitue un obstacle majeur, tout comme la déficience des flux d’informations entre chômeurs et recruteurs. L’embauche des jeunes demandeurs d'emploi à Madagascar dépend moins des différents coûts y afférents et du niveau actuel du salaire minimum légal. Les employeurs sont très réticents à embaucher des demandeurs d'emploi sans expérience professionnelle ou des primo-demandeurs d'emploi sur les contrats à long terme. Etant donné le nombre accru des nouveaux arrivants sur le marché de travail les initiatives des entreprises en faveur des nouveaux diplômés ou des stagiaires sont largement insuffisantes.

Des programmes basiques pour promouvoir l’emploi des jeunes existent, mais leur couverture est faible. Le système de recherche de l’emploi souffre de beaucoup de déficiences. L’étude de l’AFD a relevé l’absence d’un dispositif d’appui à l’insertion professionnelle. De ce fait, il revient souvent aux jeunes eux-mêmes d’engager les démarches de recherche d’emploi. Les quelques salons de l’emploi organisés dans le pays ne ciblent que les jeunes diplômés. Entre 25 et 50 % des jeunes chercheurs d'emploi ont la possibilité de s'inscrire à une agence pour l’emploi. Des cabinets de recrutement privés, qui fournissent une assistance dans la recherche d'emploi des jeunes, touchent moins de 10 % des jeunes. Enfin, il faut noter qu’aucun système d’allocations chômage n’existe à Madagascar.

Compte tenu de l’importance de la jeunesse au sein de la population, peut-on toujours lire dans «  2012 Perspectives économiques en Afrique » la promotion de l’emploi des jeunes devrait constituer une préoccupation majeure des autorités malgaches. Dans ce sens, les mesures suivantes sont préconisées. A court terme, il importe de  mettre fin rapidement à la crise politique pour stopper la destruction de nouveaux emplois ; de mettre en place, au sortir de la crise, des programmes spécifiques de soutien à l’emploi des jeunes, recouvrant la formation professionnelle, l’aide à la recherche d’emplois, l’appui à l’insertion, à la réinsertion et à la reconversion professionnelle, l’accès au crédit pour l’auto-emploi. A moyen terme, il est recommandé de repenser le système éducatif et de formation pour renforcer le lien avec l’emploi ; de mettre en place un véritable programme de relance économique ciblant les secteurs qui ont le plus été affectés par la double crise, tout en accordant une attention particulière aux PME/PMI.