Procès en Afrique du sud: Ravalomanana pourrait... gagner ? PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 21 Juillet 2012 07:12
Initiative plutôt risquée pour l’AV7 (Association des victimes de la tuerie du 7 février) qui a porté plainte devant la justice sud-africaine. Car cible des tirs lors de cette journée tragique, elle pense prouver facilement que les auteurs des tirs sont les coupables et doivent être condamnés. En fait, un tribunal indépendant sud-africain pourrait donner raison à Marc Ravalomanana et prononcer son acquittement. En effet, les débats pourraient mettre en évidence certains faits : d’abord Marc Ravalomanana était absent du palais au moment des faits. Ensuite, la foule a été envoyée par la place du 13-Mai pour envahir et prendre possession du palais présidentiel d’Ambohitsorohitra. Puis, comme on le voit clairement sur les images, devant le palais, cette foule rompt le cordon de sécurité et s’avance vers les grilles quand elle a été stoppée par les tirs. Comme le veulent nos lois, les tirs sont autorisés pour la défense d’un site protégé (zone rouge) quand les défenseurs n’ont pas d’autres moyens de parer une attaque. Bref, le tribunal sud-africain pourrait statuer à une « légitime défense ». Les avocats de Marc Ravalomanana pourraient d’ailleurs produire les discours tenus sur la place du 13-Mai qui ont poussé la foule vers le palais. Ou les révélations faites par le commandant Charles sur la réunion préparatoire organisée le 6 février à Ambatobe…

Par ailleurs, le tribunal sud-africain pourrait bien conclure à un fait qui va aussi désavantager l’AV7 : les événements du 7 février ne sont ni un crime de génocide, ni un crime contre l’humanité et encore moins un crime de guerre. Ces délits sont bien spécifiés par le droit international et la tuerie du 7 février ne correspond à aucune de ces appellations… Or, pour faire l’objet de poursuites dans un pays étranger, un chef d’Etat (ancien ou encore en fonction) doit être accusé de l’un au moins de ces trois délits. Le procès d’Afrique du Sud pourrait donc tourner à l’avantage de Marc Ravalomanana. Ce qui ne manquera de discréditer les condamnations prononcées à son endroit par la justice malgache, laquelle d’ailleurs est accusée dans le cas d’espèce d’avoir exercé une « justice des vainqueurs ». Plutôt que de porter intempestivement l’affaire au plan international, l’AV7 aurait peut-être mieux fait de laisser les choses en l’état…

A.       R.