Marc Ravalomanana: Enquête sur des virements suspects de 8 milliards
La Une
Samedi, 21 Juillet 2012 07:13
Marc Ravalomanana  a bel et bien démissionné. Le débat n’est plus là dans le contexte actuel où l’on parle de sa rencontre avec le président de la Transition. On rappelle les faits et surtout la date du 17 mars 2009, car des enquêtes sont actuellement en cours sur des transferts à l’étranger réalisés par l’ancien régime pendant cette période.

Ainsi, un virement de 250 000 dollars a été effectué le 19 mars 2009 par la Banque centrale au profit de la First National Bank Brooklyn Pretoria pour le compte de notre ancien ambassadeur en Afrique du sud. En clair, la Banque centrale malgache a réalisé l’opération, ordonnée par Marc Ravalomanana même si ce dernier n’était plus légalement le chef de l’Etat, sa démission remontant deux jours plus tôt avec effet immédiat. L’institution bancaire pourrait arguer que l’ordre de virement a été effectué deux jours plus tôt quand M. Ravalomanana avait encore les pleins pouvoirs en tant que président de la République, mais ce serait faire aveu de son incompétence : avec la technologie et le code swift et surtout l’allégeance de l’ancien gouvernance et de son équipe à Marc Ravalomanana, ce n’est pas deux jours après avoir reçu l’ordre de virement qu’on exécute l’opération.

En tout cas, l’utilisation de ce fonds est également suspecte dans la mesure où il n’y aurait aucune indication précise. Aussi n’est-il pas surprenant si certains soulèvent la coïncidence entre la proximité du virement et la fuite de

M. Ravalomanana en Afrique du sud. Plus clairement, on soupçonne que ces 250 000 dollars, soit l’équivalent de 2,5 milliards de nos francs, aient servi à la location du jet privé qui a accueilli notre ancien chef d’Etat dans la région de Morondava…

Espérons que l’enquête déterminera l’utilisation réelle de ces fonds ainsi que l’autre virement de 550 000 dollars qui a été effectué à la même banque pour le compte de la même personne. Ce transfert a été réalisé le 17 mars 2009. Là non plus, il n’y a pas d’indication de la nature de l’opération. Aussi, les adversaires de Marc Ravalomanana avancent que ce financement aurait servi au recrutement des mercenaires qui ont été vus sur la place du 13-Mai, peu de temps après.

Pour le clan Ravalomanana, l’enquête sur ces deux virements et sur la gestion des avoirs extérieurs de l’Etat sous l’ancien régime fait partie des manœuvres politiques en vue de plomber les ailes de leur « colombe ». Ils veulent ainsi accaparer la sympathie de la population en se posant comme victimes, mais qu’ont-ils fait depuis 2009 si ce ne sont pas des manœuvres politiques quand le clan Rajoelina et la population en général n’ont pas réagi comme dans les pays africains où on ne connaît guère la tolérance après une alternance ?

Au lieu de se poser comme victime, ils doivent honnêtement effacer la bourde énorme de son poulain qui a dansé après l’élection de Dlamini Zuma à la tête de la Commission de l’Union africaine. Il a fait sienne la victoire étriquée de cette dernière en déclarant que cette élection de la candidate de la SADC ouvrira pour lui la voie à l’Union africaine. Marc Ravalomanana a ainsi abattu ses masques en s’affichant comme le jockey de la SADC. Cette attitude on ne peut plus naturelle car traduisant la réalité est la raison pour laquelle la SADC aurait préféré choisir les Seychelles pour abriter la rencontre Rajoelina-Ravalomanana, ce qui n’est pas encore confirmé. Les Seychelles assurent actuellement la présidence de la COI à qui on daigne enfin accorder un rôle de premier plan pour masquer le parti pris de la SADC. Mais que peut-on espérer quand l’arbitre n’est pas neutre et les règles du jeu, pas claires ?

Sa