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Tous les ans, le pays enregistre environ 300 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail.
Outre cet effectif élevé et appelé à augmenter encore étant donné que la population malagasy est jeune, 200 000 jeunes sur ces 300 000 n’ont même pas le CEPE. Celui- ci n’est rien d’autre que le premier certificat sanctionnant la fin des études en primaire. Mais il est effarant de savoir que plus de la moitié des jeunes à la recherche d’un emploi ne l’ont même pas. Ce n’est donc pas étonnant si le pays a largement raté les opportunités offertes par les deux grands projets miniers lors de leur phase de construction, la phase la plus importante de l’industrie minière. Ces projets ont dû « importer » de la main d’œuvre étrangère pour des travaux comme la soudure spécialisée, etc. Les Philippines profitent pourtant des travaux de construction de grands projets miniers internationaux grâce à une main d’œuvre qualifiée. Mieux, elles font de l’exportation de main d’œuvre une industrie nationale. Madagascar est loin de vivre une telle réalité. Et il n’y a pas que la main d’œuvre qualifiée. Les deux grands projets miniers avaient aussi une large palette de besoins en services et produits divers dans leur phase de construction. Mais faute de formation sur l’entreprenariat et d’un système éducatif déplorable, c’est le « bizna » ou l’opportunisme qui prime. Toutefois, cette approche ne permet pas de répondre aux normes exigées par les firmes internationales. A ce train-là, le pays ratera encore d’autres grandes opportunités d’emplois et d’activités rentables liées à la phase de construction d’industries minières et pétrolières. En effet, plusieurs projets miniers et pétroliers devraient sortir de terre tôt ou tard dans le pays. On peut citer le charbon de la Sakoa, le fer de Soalala, l’ilménite de Toliara, la bauxite de Manantenina, l’or du Betsiboka, le grès bitumineux de Bemolanga, l’huile lourde de Tsimiroro… Ce n’est pas avec 200 000 jeunes non diplômés par an que Madagascar peut espérer récolter quelque chose de ces projets. Les données sur l’éducation sont effarantes : sur 100 enfants entrant classe primaire, 40 arrivent à la classe de 7ème, 19 en 3ème et 8 en terminale. Pourtant, le secteur de l’éducation, même en temps de crise, est avec la santé l’un des rares secteurs où les aides extérieures affluents. En réalité donc, ces financements sont mal utilisés, sans parler du système éducatif dont la qualité laisse beaucoup à désirer. Résultat : le pays ne dispose même pas du minimum en termes de main d’œuvre qualifiée. Parler de concepteurs de développement et d’autres compétences plus élevées semble être illusoire. Or, le pays en a grand besoin, rien que pour dire non aux diktats des bailleurs de fonds en matière de modèles de développement copiés-collés sur d’autres pays et non adaptés au contexte national. |