Consommation: La misère noire pour plus de 3/4 des Malagasy PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 30 Juillet 2012 05:30

La crise est loin de trouver une issue et la SADC en tant que médiateur va d’échec en échec, sans parler des intérêts personnels ou de groupe qui priment au sein de la classe politique.

En attendant, la situation socioéconomique dans le pays s’aggrave. 77% des Malagasy sont pauvres et il y a pire, cette frange de la population consomme en moyenne 35% de moins que le seuil de la pauvreté si l’on se réfère aux données de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Autrement dit, plus de 3/4 des Malagasy vivent dans la misère noire. En plus d’être pauvres, ils vivent aussi bien en-dessous du seuil de la pauvreté. Ce seuil est de 468 800 Ar par personne par an, soit dans les 1 280 Ar par jour. Ce montant suffit à peine à acheter 1 kg de riz. Il n’y a donc plus rien pour les autres besoins fondamentaux dont la scolarisation des enfants, les soins médicaux en cas de maladie, etc. L’INSTAT rappelle que la consommation des ménages comprend les dépenses, l’autoconsommation, les cadeaux reçus, les paiements en nature, les valeurs locatives des biens durables, le loyer. Plus le niveau d’éducation du chef de ménage est élevé, plus son niveau de consommation est élevé. Mais à Madagascar, la situation de pauvreté ne permet pas de scolariser ses enfants. Ce problème concerne en principe 77% de la population.

Cela veut dire que le cercle de la pauvreté va se renforcer encore plus et pour la période post-crise, il sera très difficile de le casser. Ces dernières années, des institutions comme la Banque mondiale a mené différentes études pour pointer du doigt les dérives de gouvernance dans le pays, et donner des pistes de réflexion pour la relance socioéconomique post-crise. Certes, elle ne s’appesantit pas sur ses propres erreurs et celles des bailleurs de fonds, mais ces études ont le mérite de mettre à plat la situation socioéconomique du pays. Elles devraient aussi susciter du côté des Malagasy des réflexions sur les politiques et stratégies à élaborer. Car si on laisse faire les bailleurs de fonds, ils dessineront encore une fois et par leurs propres soins des politiques et stratégies copiées sur d’autres pays et qui s’avèrent inefficaces. Les propres données de la Banque mondiale évoquent ces échecs où entêtement des bailleurs de fonds et mauvaise gouvernance des régimes successifs se conjuguent : « Madagascar n’a fait aucun progrès en termes de pauvreté au cours des 20 dernières années. La pauvreté est même passée de 70% en 1993 à 77% en 2010, le nombre total des individus pauvres ayant augmenté de 9,9 millions à 15,6 millions et celui des individus extrêmement pauvres de 8,4 millions à 11,5 millions. L’indice d’écart de la pauvreté, qui est un indice de l’intensité de la pauvreté et mesure la distance des individus pauvres au seuil de pauvreté, est resté stable autour de 35% depuis 1993 ».