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« Halte aux gestions irrationnelles ! » C’est l’appel lancé par le Trésor public dans son dernier bulletin mensuel « Tahiry ».
Il évoque les projets financés sur emprunts extérieurs dont plus de 10% du coût de financement sont affectés à des services de consultance souvent confiés à des étrangers. Le Trésor précise : « Ces projets ne profitent donc qu’en partie aux Malgaches à travers les bénéfices de l’assistance technique. Par ailleurs, ces consultants se font aider pour plus de la moitié de leur travail, par la partie malgache qui n’en reçoit pas une rémunération, et qui pourtant, a elle-même dans la plupart des cas, les réponses aux problèmes et n’a pas besoin d’une assistance étrangère ». Les services de consultants étrangers s’inscrivent souvent dans l’aide liée, l’aide dont une partie, souvent non négligeable, revient au créancier ou au donateur sous forme d’achat de services ou de produits. Actuellement, l’encours de la dette de Madagascar est de 2,22 milliards de dollars. Ce niveau est raisonnable par rapport au poids de la dette avant les différentes mesures d’allègement obtenues depuis plusieurs années déjà. Sauf que le pays doit payer le service de la dette jusqu’en 2050. Ces prêts ont été contractés depuis plus d’une vingtaine d’années. Les générations présentes et futures doivent s’en acquitter, alors qu’elles n’en profitent pas et pareil pour les générations passées. Car depuis les années 70, le pays est plongé dans une pauvreté croissante. Mais les emprunts non efficaces ne trouvent pas uniquement leur explication dans l’aide liée. Le Trésor pointe aussi du doigt les dépenses réalisées à la convenance de certaines cellules d’exécution de projets. Il cite un projet dans le secteur santé qui a octroyé des avances sur salaire de 289 millions Ar à ses cadres dont le contrat a été rompu avant termes. Ces avances n’ont pas pu être récupérées. Un autre projet a distribué 868 millions Ar à des organisations communautaires non concernées par ledit projet. Le Trésor explique : « Qui en paient les frais ? Les Malgaches eux-mêmes puisque toutes les dépenses non prévues dans les accords de prêts sont rejetées par les bailleurs de fonds. L’Etat est pénalisé au remboursement des fonds utilisés inconvenablement ». Puis, le décaissement se fait souvent au compte-gouttes. Le Trésor cite l’exemple d’un projet d’adduction d’eau conclu en mars 2006 et prévu être clôturé en 2013. Le décaissement au mois de juin 2012 est de 22% du montant total. Un projet de communication signé en 2007 n’a réalisé que 14,8% de décaissement en juin dernier, alors qu’il sera bouclé en décembre 2013, etc. La prolongation d’un projet a pourtant un coût et pèse sur les contribuables. En fait, les projets sur financements extérieurs ne produisent guère des effets bénéfiques pour le pays. C’est pour cette raison que le Trésor entend dorénavant s’impliquer davantage dans les négociations de financements. Il annonce aussi que les écarts des réalisations par rapport aux termes des accords seront sanctionnés par les lois et règlements régissant l’endettement public. Recueillis par Fanjanarivo |