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136,82 milliards Ar en prêts et 119,76 milliards Ar en dons.
Ce sont les financements des Programmes environnementaux I, II et III sur 22 ans. Et comme toutes les dettes contractées par le pays sur ces 20 dernières années, ces prêts doivent être remboursés et le Trésor public rappelle dans son dernier bulletin que les échéances de paiement s’étalent jusqu’en 2050. Des institutions internationales avancent que la situation aurait été pire sans ces programmes. Mais la situation est catastrophique. Environ 200 000 à 300 000 ha de végétation partent en fumée tous les ans. Pour évoquer cette situation désastreuse, le Trésor public souligne : « Les Malagasy remboursent pour de l’argent qui a déjà pris feu ». Pire, des scientifiques ont avancé dernièrement que d’ici 2020 soit dans 8 ans, Madagascar ne comptera plus aucune forêt primaire sauf celles des aires protégées. On doit y ajouter les trafics illicites de bois précieux dont les trafics de bois de rose, la non-maîtrise de l’érosion alors que des solutions comme le système vétiver existent et a déjà rencontré un succès plus que probant dans des pays comme la Thaïlande, etc. Seulement, la plupart des ONG et institutions oeuvrant pour l’environnement sont loin de prendre en compte les expériences de pays dont la situation environnementale est similaire avec celle de Madagascar. Il est rare de les voir adapter des solutions issues de ces pays et qui pourraient marcher sur la Grande Ile. Le pays est donc triplement pénalisé. Primo, il doit rembourser de l’argent dont l’utilisation est loin de donner des résultats positifs. Secundo, il voit son capital environnement partir en fumée. Tertio, les générations futures vivront dans un pays où tout sera très problématique, c'est-à-dire l’accès à l’eau potable et à l’eau d’irrigation pour les activités agricoles, la santé humaine affectée par un environnement en état de dégradation avancé, le réchauffement climatique et ses impacts sur plusieurs secteurs dont l’agriculture, la santé, les infrastructures socioéconomiques (les routes, les marchés, les barrages hydro agricoles…), etc. Comme quoi, les Malagasy ne remboursent pas seulement pour de l’argent parti en fumée mais aussi pour des projets qui n’ont en rien amélioré leur quotidien. Le Trésor public se pose également des questions sur « la perspicacité des financements de certaines recherches comme celles effectuées sur le riz qui datent de l’indépendance ». Il souligne que l’Etat est toujours contraint d’importer dans les 200 000 tonnes de riz par an. En réalité, le Centre de recherche agricole pour le développement rural (FOFIFA) dispose de plusieurs résultats malgré ses maigres budgets. Mais la vulgarisation n’a jamais été le fort du gouvernement et ce, malgré le vaste et coûteux Programme national de vulgarisation agricole (PNVA) des années 90. Pour aggraver la situation, l’Etat a même accepté sur cette période l’idée saugrenue des bailleurs de fonds de supprimer le corps des vulgarisateurs agricoles et de privatiser les services agricoles. De quoi affaiblir encore l’économie du monde rural où la pauvreté est plus élevée. Celle-ci affecte 82,2% des ruraux, contre 54,2% des citadins. Recueillis par Fanjanarivo |