Le calendrier électoral pour l’année 2013 élaboré par la commission électorale nationale indépendante de la Transition (CENIT) et les Nations Unies peut-il être modifié ?
Telle est la question qui se pose lorsqu’on a entendu le vice-ministre sud-africain Marius Fransman, à son arrivée à l’aéroport international d’Ivato, annonçant qu’il soumettra des recommandations à la CENIT et aux Nations Unies par rapport au calendrier publié tout récemment. Le vice-ministre sud-africain a en effet manifesté sa réticence à prolonger le mandat d’un Parlement non élu, la SADC semble vouloir avancer les législatives par rapport à la date prévue par le calendrier déjà établi. Et lui toujours d’affirmer que ces élections devraient se tenir dans les douze mois. Puisqu’il est interdit par la loi d’organiser des élections pendant la période des pluies, la SADC proposerait donc d’organiser des élections pour cette année… La communauté des Etats d’Afrique australe (SADC), qui s’est pourtant opposée à des élections pour cette année, a peut-être pris conscience de l’inutilité de ce Parlement non élu. Ne disposant pas d’un bagage intellectuel assez conséquent pour étudier les projets de loi, ces parlementaires d’un demi millier en nombre constituent un fardeau pour l’Etat malgache face aux obligations financières qui l’attend dans l’administration avec la multiplication des grèves et des revendications syndicales. Pour ce faire, le vice-ministre Marius Fransman a invité des membres de la CENIT et des experts des Nations Unies à une réunion de travail, hier soir au Colbert. La réunion a duré plus de deux heures. A la fin de la réunion, la présidente de la CENIT Béatrice Atallah a manifesté sa réticence à ce souhait de la SADC. La dame a avancé que les points techniques, tels que la refonte de la liste électorale tant réclamée par les acteurs politiques au début de l’année, rend difficile un réaménagement du calendrier électoral. De peur d’une pression des politiques, prudente peut-être, la présidente de la CENIT a indiqué que « si les acteurs politiques et les Nations Unies acceptent cette proposition, alors on aura des élections cette année … ». Mais, Mme. Atallah recommande toujours aux acteurs à la résolution de la crise malgache de s’atteler à bien organiser les élections suivant le calendrier déjà établi. C’est hier toujours dans les couloirs de l’hôtel Colbert qu’on a appris que, lors de la réunion des principaux acteurs électoraux au Centre de Conférences International d’Ivato, précédant la cérémonie de publication du calendrier électoral, ce calendrier électoral n’a pas fait l’unanimité au sein de la communauté internationale. Certains pays ou organisations comme la France et l’Union européenne, alors que la SADC n’a pas exprimé sa position, ont été contre ce calendrier. Selon les indiscrétions recueillies auprès de certains diplomates, il y avait un choix de trois propositions de calendrier électoral. Le premier était celui que la CENIT et les Nations Unies ont publié au début du mois d’août, le second prévoyait une élection présidentielle précédée par les législatives tandis que le second proposait la tenue d’une élection présidentielle au premier tour jumelée aux législatives. Les voix des Nations Unies et l’organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont été prépondérantes pour arriver à l’adoption de l’actuel calendrier. Jusqu’à présent, aucune décision n’a encore été prise, la réunion de travail entre la Troïka de la SADC, des experts des Nations Unies et des membres de la CENIT reprendra ce matin au Colbert. La SADC réussira-t-elle à convaincre les Nations Unies à avancer les législatives ? Lambo T. |