La Balle au bond: Fait mieux que de la figuration PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 14 Août 2012 07:00
S’il y a eu un athlète encensé par la presse locale et qui a bénéficié de toutes les largesses du président du Comité Olympique Malagasy (C.O.M), Siteny Randrianasoloniaiko dans sa participation à ces Jeux Olympiques de Londres,  le judoka, Fetra Ratsimiziva en fut une. « Charité bien ordonnée commence par soi même » (la discipline du président du C.O.M), selon un adage bien connu.

Mise à part la décision de Siteny Randrianasoloniaiko d’aider Fetra Ratsimiziva en octobre 2010, après avoir obtenu le baccalauréat, une aide qui consistait à l’envoyer en France pour continuer le judo au club balma Saint-Exupéry de Toulouse, avec un entraîneur français, Hervé Marre, Fetra Ratsimiziva a obtenu une bourse olympique de plus de 1000 euros du Comité Olympique Malagasy en guise de préparation aux Jeux. Ceci, contrairement aux athlètes locaux qui se sont préparés sur place et ont obtenu la somme de un million d’ariary, l’équivalent de 357 euros.

La cerise sur le gâteau pour le judoka malgache fut la décision unilatérale de Siteny Randrianasoloniaiko de désigner Fetra Ratsimiziva comme le porte drapeau à Londres lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Ceci, malgré la présence de trois femmes (athlétisme, haltérophilie, lutte) dans la délégation de Madagascar. Et pourtant, la promotion de la femme est l’un des grands défis du Comité International Olympique (C.I.O). Lors de son discours d’ouverture le président du C.I.O, Jacques Rogge n’a pas manqué de souligner l’effort du C.I.O dans la promotion de la femme et a félicité et remercié la plupart des C.N.O (Comités Nationaux Olympiques) qui ont participé aux Jeux Olympiques (204 nations) d’avoir envoyé à Londres au moins une femme dans leur délégation pour les Jeux.

Sur le plan sportif, Fetra Ratsimiziva, 20 ans, qui a obtenu sa qualification sur le tatami (médaillé d’argent aux championnats d’Afrique au Sénégal), était en lice chez les moins de 81 kg, et constituait comme tous les représentants de Madagascar, la grosse déception de la Grande île.

En effet, Fetra Ratsimiziva a été sorti dès le premier tour du tournoi. Fetra fut éliminé dès le 32e de finale face à l’Argentin, Emmanuel Lucenti. Ce dernier, après 1’15 de combat a marqué un ippon sur un mouvement de Sode-tsurikomi-goshi.

Dans notre ambition déplacée d’être et de devenir le numéro un dans la région de l’océan Indien dans tous les domaines y compris le sport, prenons l’exemple de l’île à côté, à savoir, l’île Maurice dans cette participation au tournoi de judo des Jeux Olympiques. A Londres, l’île Maurice était également représentée par un athlète en judo. Il s’agit de Christiane Legentil qui participait également, tout comme Fetra, pour la première fois de sa vie aux Jeux Olympiques.

Contrairement à Fetra Ratsimiziva, la Mauricienne, Christiane Legentil, âgée de 18 ans seulement, un pur produit de Rodrigues était en lice chez les moins de 52 kg, suite à une invitation « wild card » du C.I.O.

Sur le tatami, après avoir été exemptée du tour préliminaire (1/16e de finale), la Mauricienne, Christiane Legentil a eu comme adversaire au premier tour (1/8e de finale), une Albanaise du nom de Kelmendi Majlinda. Cette dernière après 59 secondes de combat a obtenu un waza-ari face à la Mauricienne. Ceci, suite à un mouvement d’Uchi-mata. Mais, Christiane Legentil n’a pas baissé les bras. A son tour, après 1’59’’ de combat, elle a obtenu un ippon pour se qualifier pour le deuxième tour, à savoir, les quarts de finale.

Au deuxième tour, la Rodriguaise a rencontré une adversaire plus forte qu’elle. Il s’agit d’une Belge du nom de Heylen Ilse. Cette dernière, après 1’36’’ de combat a obtenu un Yuko qui la qualifie pour les demi-finales, suite à un mouvement de Ko-uchi-gari.

Après cette défaite, le parcours de la Mauricienne, Christiane Legentil aux Jeux Olympiques s’est donc arrêté au deuxième tour, aux quarts de finale. Une Mauricienne qui contrairement au Malgache, a fait mieux que de la figuration.

F.A.R