Déforestation dans le Nord: La migration est mise à l’index PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 17 Août 2012 08:08

Si la migration peut être un levier de développement comme dans des pays comme les Philippines et l’Inde, elle est parfois synonyme de problèmes sociaux à Madagascar.

A Antsiranana, des notables tout comme la société civile, les autorités locales et régionales pointent du doigt les migrants. A leurs yeux, ces derniers sont à la source de la déforestation massive dans les périphéries de la ville. En 15 ans, 2/3 des forêts naturelles des zones concernées ont été massacrées pour la production de charbon de bois. A Antsiranana, l’on avance que c’est notamment l’œuvre de migrants venus de la région Atsimo-Atsinanana. Ces gens voulaient trouver une meilleure situation dans le Nord mais faute de travail, ils se rabattent sur le charbon, une activité procurant de l’argent facile. En effet, les textes sur le charbon sont obsolètes, alors que la surveillance laisse à désirer. Pour le parc d’Ankarana par exemple, seuls 18 patrouilleurs veillent sur 18 225 ha. Ce parc compte pourtant des « tsingy », des canyons, des grottes, de la faune et de la flore spécifiques, des lacs…

Bref, il regorge de richesses naturelles et de sites touristiques. Mais une partie de ce parc a été saccagée et continue d’être massacrée par la filière bois énergie et par l’exploitation minière tout aussi illégale que la production de charbon à partir de forêts naturelles. Rappelons toutefois que des gens de l’Atsimo Atsinanana se déplacent vers d’autres zones à cause de la pauvreté. Avec le Vatovavy Fitovinany, cette région enregistre le taux de pauvreté le plus élevé du pays, soit plus de 90% d’après l’Institut national de la statistique (INSTAT). Le taux moyen national est de 76,5%, alors qu’il est de 54,5% pour la région DIANA, soit la région où des migrants de l’Atsimo Atsinanana ont élu comme zone hôte. Le taux de pauvreté de la DIANA est la moins élevé du pays. Ce n’est donc pas étonnant si des migrants choisissent d’aller voir si l’herbe est plus verte dans le Nord. Sinon, les Betsileo et les Antandroy sont probablement parmi les ethnies qui migrent le plus à l’intérieur du pays. Ils sont presque partout.

Dans la capitale par contre, le cosmopolitisme ethnique est une réalité depuis des décennies. Toutes les ethnies y sont représentées. Le projet financé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) va sans doute s’y pencher. Car il faut noter que certains quartiers changent de visage et d’identité culturelle à la suite de migrations. Ces changements portent aussi sur les activités économiques. Ainsi, la vente en gros de PPN et de marchandises générales dans certaines zones des bas quartiers d’Antananarivo est essentiellement aux mains de Betsileo. Par contre, les petits métiers, souvent, saisonniers sont assurés par des gens d’Ambatolampy et des environs. Les exemples de ce type sont nombreux et concernent aussi d’autres centres urbains.

Fanjanarivo