Très vif intérêt du public malgache pour la clôture du 32ème sommet des chefs d’Etat de la Sadc qui se déroule cet après-midi à Maputo, au Mozambique.
Car lors de la lecture du communiqué final qui devrait intervenir vers 16 heures 30 (heures locales), les résolutions concernant le règlement de la crise malgache seront portées à la connaissance de l’assistance. En effet, après avoir écouté le rapport de la Troïka sur l’évolution de la situation politique dans l’île, les chefs d’Etat devraient statuer sur le cas malgache. C’est dire que le public malgache sera pendu aux lèvres du secrétaire exécutif de la Sadc, Tomas Salomao, qui procédera à la lecture du communiqué. Ces derniers mois, la Sadc s’était montrée de plus en plus impatiente dans la résolution de la crise malgache, multipliant les ultimatums et les menaces de sanction. Tout ceci sur un ton particulièrement sévère afin d’exhorter les deux parties à s’entendre. Les deux rencontres des Seychelles avaient été organisées dans ce but, mais se sont révélées infructueuses. Quel fut le sort de l’ultime face à face de Maputo jeudi soir ? Rien n’a filtré sur le sujet mais selon toute vraisemblance, cette dernière rencontre s’est également soldée par un échec. Sinon, on aurait fait sur le sujet une publicité tapageuse qui aurait atteint l’île… Les parties en conflit se montrant définitivement irréconciliables, on attend une décision ferme de la Sadc pour régler la question et ouvrir la voie vers des élections véritablement équitables, crédibles et transparentes. La population aspire en effet à un bon déroulement de ces scrutins qui devraient assurer la sortie de crise et le retour à la normalité constitutionnelle. Comme elle l’a annoncé, la Sac osera-t-elle dénoncer le responsable du blocage et exclure celui-ci du processus ? On en doute de plus en plus car vu son histoire, la Sadc apparaît surtout comme un « machin ». C’est-à-dire une organisation incapable de trancher de façon décisive et qui, dans les grands moments, préfère botter en touche. Le meilleur exemple est le cas du Zimbabwé qui, depuis 2008, figure dans l’agenda des sommets de la Sadc mais qui est encore loin de trouver son dénouement. L’autre cas est celui de Madagascar, traîné d’une capitale à l’autre depuis 2009 mais qui trois ans après n’est pas encore proche de son terme. Si la Sadc est fidèle à sa réputation, ce jour à Maputo, elle n’adoptera pas de décision ferme, mais se contentera d’inciter les camps à respecter la feuille de route, à ne pas recourir à la violence et à s’abstenir de tout propos provocateur. Dans ce cas, à Madagascar surtout mais aussi dans le reste du monde, la Sadc sera discréditée et perdra tout estime. Un sort mérité pour une organisation incapable de régler les crises et de répondre aux attentes placées en elle. Par contre, si dans un accès d’audace, la Sadc ose dénoncer celui qui bloque la sortie de crise pour ensuite l’exclure du processus, la mesure sera accueillie positivement. Car pour avoir observé de près les négociations organisées ici et là en Afrique et dans l’Océan Indien, la Sadc est bien placée pour identifier le coupable et prendre à son encontre les mesures qui conviennent. Si elle met ainsi ses actes en conformité avec ses paroles, l’entité d’Afrique australe gagnera l’estime et la considération de la population de l’île. En tout cas, si la Sadc se montre impuissante et inopérante à Maputo, cela exhortera les groupements et associations à se recentrer sur le dialogue malgacho-malgache. Bref, déçue par l’étranger, l’île pourrait reprendre avec détermination son destin en main. A.R |