Attentat contre Rajoelina : sorciers relaxés… PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 22 Août 2012 09:26
Relaxés au bénéfice du doute. Tel est le verdict du tribunal, hier au palais de Justice d’Anosy, concernant les deux sorciers et le médecin accusés d’avoir attenté à la vie d’Andry Rajoelina au moyen d’amulettes et gris-gris. L’affaire fut révélée devant la presse par le directeur de la DST (Direction de la Sécurité du Territoire) de l’époque, le commissaire de Police Charly Nakany. Le ministre de la Pêche Sylvain Manoriky (mouvance Zafy) aurait fait venir du Sud les deux sorciers, le médecin étant son émissaire qui a opéré le recrutement. Pour étayer l’accusation, un grand nombre d’amulettes, gris-gris et autres articles de jeteurs de sort ont été présentés à la presse comme appartenant aux prévenus. Les deux sorciers et le médecin ont été appréhendés au domicile du ministre à Tsarahonenana (quartier est de la capitale) et ont été depuis maintenus en prison.

Procès de sorcellerie, procès d’un autre âge… Si le directeur de la DST de l’époque (originaire lui aussi du Sud) croyait dur comme fer en l’efficacité des amulettes, les magistrats n’y croient plus du tout. La preuve de la malveillance des sorciers n’ayant pu être établie lors du procès, la relaxe fut donc prononcée. L’explication la plus proche de la vérité est peut-être celle avancée par Voninahitsy Jean Eugène, membre du CT et grand connaisseur des traditions du Sud et de l’Ouest : nommé providentiellement ministre après la signature de la feuille de route, Sylvain Manoriky a voulu surtout consolider son poste au moyen de forces surnaturelles.

D’autant qu’à l’époque, le Pr. Zafy Albert appelait les ministres de sa mouvance à se retirer du gouvernement… En tout cas, Andry Rajoelina, qui ne croit vraisemblablement pas en l’efficacité des amulettes, n’a pas porté plainte dans l’affaire. L’homme a même pris ses distances vis-à-vis du procès et aucun de ses proches n’a été aperçu au tribunal hier. L’initiateur de la procédure, le commissaire Nakany Charly a d’ailleurs été limogé et remplacé depuis.

  1. R.