Mosaique: Oh les mecs, arrêtez de déconner ! PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 22 Septembre 2012 08:08
Andry Rajoelina est parti, jeudi soir, en catimini pour les Etats-Unis.  Presque comme un voleur. Ce qui, apparemment, n’est pas le cas. Il n’a pas, de toutes les façons, jugé utile d’inviter la presse avant son départ, à l’aéroport d’Ivato. Ses prédécesseurs, en particulier l’amiral Ratsiraka, ne manquait jamais de répondre, dans le salon d’honneur, aux traditionnelles questions complaisantes des journalistes de l’époque. En guise de réponse, M. Ratsiraka avançait, régulièrement, la langue de bois, arrosée d’une sauce amiralesque.

Avec ce régime transitoire : autres temps, autres mœurs ! Ce qui n’empêche pas les observateurs de se demander, pourquoi M. Rajoelina s’est-il défilé, jeudi ? Pourtant, ce ne sont pas les sujets brûlants qui manquent d’être commentés par le chef de l’Etat : l’insécurité urbaine et rurale, les manœuvres visant à déstabiliser la Transition, la pauvreté qui gagne du terrain, etc. Aussi, le public réclame-t-il un certain éclairage venant précisément du président Rajoelina. Mais ce dernier a quitté la capitale, sans rien dire, comme si Madagascar nage dans la sérénité, sans le moindre souci...  Erreur !

En résumé, et au risque de froisser, une nouvelle fois, des membres de la garde rapprochée du président de la Transition, la communication du pouvoir en place laisse vraiment à désirer. Dans le passé, pas si loin de nous, à Ambohitsorohitra, une équipe s’est chargée d’alerter les médias à chaque déplacement du chef de l’Etat. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. A qui la faute ? A Andry Rajoelina d’abord, et ensuite à ses conseillers.

Vu, donc, les nombreux problèmes qui agitent et assaillent l’opinion, la moindre occasion doit être exploitée par M. Rajoelina pour s’exprimer. Ce n’est pas seulement à son retour de New York, de Washington, de Paris (on ne sait plus) qu’il va parler de la situation qui prévaut actuellement à Madagascar. Après l’heure, ce n’est plus l’heure…

En tout cas, qu’il s’abstienne de commenter, de long en large, son séjour aux USA, lors de son arrivée à Ivato. Ce n’est plus une information pour le public qui veut entendre quelque chose de nouveau, de réconfortant, de rassurant, sinon de concret, concernant, entre autres, de l’état général de l’économie nationale, de la préparation des prochaines élections…  Qu’on ne brandisse plus le spectre des dahalo : y en a marre de Remena Bila, une personnalité qui n’existe pas. Ces dahalo ne sont plus la préoccupation majeure des Malgaches qui veulent une amélioration de leur pouvoir d’achat. Ici et maintenant.

Par ailleurs, Mamy Rakotoarivelo (président du CST) et sa bande ont voulu « limoger » Ruffine Tsiranana (lire « La Gazette » d’hier), parce que c’est une Côtière, parait-il, et ce afin de caser un Merina bon teint, Guy Rivo. Parallèlement, la mouvance TV entend également écarter la ministre des Mines, une certaine Daniella (désolé, j’ignore son nom de famille), du fait qu’il ne soit pas sur la même longueur d’onde que TGV. Deux femmes écartées du gouvernement ? La parité, dans tous les domaines, est encore un vain mot à Madagascar.

Oh les mecs, arrêtez de déconner !

Franck RAHARISON