Pierres précieuses: 1 saphir sur 7 dans le monde est de Madagascar

1 saphir sur 7 vendus sur le marché international vient de Madagascar, contre 1 rubis sur 10.

Mieux, Madagascar est considéré comme le principal producteur de saphirs roses dont la couleur très intense intéresse les grands joailliers du monde. Il faut aussi souligner que Madagascar est le seul pays à offrir des saphirs de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Ces pierres précieuses sont toutes extraites de la production artisanale, comme c’est aussi le cas pour l’or, les pierres ornementales, les minéraux industriels comme le quartz utilisé dans l’électronique… Ces données de la Banque mondiale montrent à quel point le sous-sol du pays est riche et recèle des trésors non renouvelables. Mais depuis que l’on parle depuis les années 90 du phénomène saphir d’Ambondromifehy dans le Nord et puis d’Ilakaka dans le Sud, seule une poignée de Malagasy a récolté quelque chose de l’exploitation de cette pierre précieuse. Ce sont surtout les étrangers et les acteurs du marché international qui en bénéficient le plus. Si le saphir enrichit des Malagasy, ces derniers n’ont pas, pour la plupart, l’esprit d’entreprenariat et dilapident en un tour de main leur fortune.

Ils sont nombreux à devoir repartir de zéro après avoir brassé des centaines de millions, voire des milliards de fmg. Après Ilakaka pourtant, les « carrières » de pierres précieuses et d’or ont explosé à tour de rôle dans le pays. Cela signifie que le potentiel existe mais il est toujours exploité à l’échelle artisanale et dans l’anarchie. Cela veut dire aussi que les régimes successifs ont manqué de volonté politique pour assainir la production artisanale de pierres précieuses et d’or. Des tentatives ont été initiées pour renverser la vapeur. On peut citer les comptoirs de l’or, les bureaux d’administration minière, etc. Mais ces initiatives ne font pas long feu. Certains régimes les réchauffent comme des plats froids mais les résultats sont les mêmes : la production artisanale de pierres précieuses et d’or ne rapporte presque rien à l’Etat. A ce sujet, la Banque mondiale souligne qu’avant les deux grands projets miniers qui se sont installés dans le pays, les redevances minières étaient seulement de 125 000 dollars par an (environ 250 millions Ar). C’est un montant négligeable quand on sait que la dégradation de l’environnement coûte au pays 450 à 500 millions de dollars par an. Et notons que le secteur minier artisanal contribue à cette dégradation de l’environnement. Or, il ne fait pas l’objet d’une redistribution équitable des richesses qu’il génère et c’est souvent au détriment des Malagasy.  

Toutefois, ce secteur est un des principaux pourvoyeurs d’emplois dans le pays avec une estimation de 500 000 travailleurs. Seulement, la grande majorité de ces emplois est à risque alors qu’elle ne bénéficie ni de protection sociale ou de la stabilité de l’emploi. Même des enfants travaillent dans la production minière artisanale. Quant aux adultes, ils sont nombreux à s’enfoncer dans des galeries creusées à même la main dont les risques d’effondrement ne sont pas minimes.

Fanjanarivo