Edito: Nominations et népotisme

Les nominations se suivent et se ressemblent.Elles ont pour objectif de placer les copains de promotion, des originaires d’une même Région, des membres de la famille. Le ministère de la Population en est un exemple flagrant : d’innombrables directions ont été mises en place et certaines personnes dudit ministère dénoncent, assez timidement pour l’heure, le népotisme qui y règne. Il semblerait que le choix des nouveaux directeurs ait été guidé par leur région d’origine ou par leurs liens de filiation.

Ce ministère de la Population, de la Protection sociale et de la Promotion de la femme qui a peu de moyens voit des directions scindées pour pouvoir nommer les amis ou les originaires d’une même région. Cela n’a rien de mal si tant est d’une part que toutes ces personnes soient compétentes et d’autre part que toutes ces directions soient véritablement utiles mais il est permis d’en douter. En cette période où, sans même devoir aller dans les zones enclavées, le ministre de la Population voit ces familles qui vivent dans des conditions précaires, qui vivent dans des taudis du côté du canal d’Ampefiloha, une famille a même élu domicile sur le lac Anosy. En cette période hivernale où des familles dorment sous les tunnels, où des familles attendent et voient venir la mort certaine sans pouvoir avoir accès à des soins…on se rend compte qu’en terme de protection sociale.

Madagascar est encore bien loin, très loin et ce n’est pas la mise en place de directions diverses qui permettra à cette population vulnérable de bénéficier d’une protection sociale, ni les résolutions truffées de bonnes intentions prises à l’issue de colloque. Il est malheureux de constater que c’est grâce aux ONG et associations diverses que ces laissés-pour-compte de la société malgache arrivent encore à survivre puisque la structure étatique avec ses flopées de directions peine à agir efficacement.

Les autres nominations qui laissent perplexe portent sur le ministère de l’Education nationale. Des directeurs de départements de l’Université d’Ankatso ont été nommés à des postes de direction au ministère de l’Education nationale pour ne citer que celui du département d’histoire et celui du département de sociologie. Comment peut-on croire qu’en étant à la tête d’une direction au ministère de l’Education nationale et d’un département auprès de l’université d’Ankatso ces personnes puissent effectivement agir pour le bien de ces départements ?

Inévitablement il y en a un qui en pâtit et souvent c’est celui qui rapporte le moins en termes d’avantages, c’est-à-dire celui de l’Université ! Quand on s’est présenté pour être élu « directeur », on est censé avoir une vision pour le département et être « directeur » à plein temps, c’est le minimum de l’éthique. Aujourd’hui, ce sont des courants d’air à l’Université et on ne peut s’empêcher de se dire que leur ascension personnelle à travers le titre de directeur au sein du ministère de l’éducation nationale est plus importante que l’intérêt du département dont ils ont la charge à l’Université d’Ankatso. C’est peut-être compréhensible étant donné les mécontentements des étudiants et de certains enseignants par rapport à ces deux directeurs. Ainsi, à défaut de briller dans le milieu universitaire, ils vont chercher à briller au Ministère de l’Education nationale. Si il y a des années de cela le département d’histoire était une référence à Madagascar et à l’étranger avec ses colloques internationaux organisés presque tous les deux ans, aujourd’hui le directeur dudit département brille par son manque de prestance et d’absence d’initiatives aux dires de certains enseignants de la faculté.

Les critiques ne sont pas non plus tendres vis-à-vis du directeur en sociologie et elles viennent surtout des étudiants et de certains de ses collègues. Il semblerait que ce directeur ferme les yeux sur les dérives de certains de ses collègues, dont la plus connue est l’ivrognerie ; il ferme les yeux car il ferait partie des enseignants les moins gradés dudit département et aurait été placé là par les vieux collègues qui ne pouvaient plus occuper le poste de directeur. Bref, genre un capitaine qui dirige des généraux ! La fameuse rupture prônée par le chef de l’Etat n’est pour ces cas que vain mot.

D.R