En scène pour la comédie du pouvoir: La dame première

Une pièce de théâtre sous le titre Lady First  cartonne actuellement en France et fait déjà un tabac terrible auprès des critiques et des spectateurs. Il s‘agit d’une pièce du dramaturge franco-turc Sedef Ecer sur les mœurs politicienne d’une contrée caricaturale du Moyen-Orient. En elle-même, pour une des interprètes Anne-Claire, la représentation « apporte une réflexion profonde sur la portée des révolutions. » Elle sera présentée tout le mois d’août au Théâtre du peuple de Bussang, dans les Vosges. 

Selon la comédienne «Il y a plusieurs tons, je trouve, dans la pièce, explique la comédienne. Il y a cette grande partie burlesque au centre, où cette femme est montrée un petit peu dans tous ses caprices, son goût pour l’argent, son aveuglement sur ce qui se passe autour d’elle. Après, il y a un autre ton où elle parle de la révolution en général : est-ce que ça fait changer les choses ? Quand on regarde ce qu’il s’est passé dans l’histoire actuelle, qu’est-ce qui s’est passé quand il y a eu des révolutions ? Commentaire de RFI sur ce « théâtre politique mêlé à de la poésie entre éclats de rire et remise en question. On découvre ce monde de la dictature » avec des «personnages qui sont presque «farcesques» et ubuesques. » Avis aux maniaques des raccourcis qui ont sens des rapprochements faciles, l’article a été inspiré  d’« une œuvre de pure fiction. Par conséquent toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.»

Toujours est-il que le thème choisi par l’auteur de la pièce semble être d’actualité après avoir fait les beaux jours des favorites, des épouses et compagnes des monarques et dirigeants d’un siècle à l’autre tout au long de l’histoire de l’Humanité. Les écrits bibliques fourmillent de ces interventions salutaires et souvent aussi dramatiques des descendantes d’Eve. La 82e Histoire relate clairement le rôle joué en faveur du peuple israélite par Esther une orpheline  élevée par Mardochée auprès d’Assuérus le plus puissant monarque de Perse à l’époque. Parce qu’un jour, la reine refusa d’obéir au roi. Assuérus répudie celle-ci choisit pour reine et épouse « la jeune Esther, qui était très belle».  Haman, un grand personnage très influent du royaume de Perse déjà agacé par ce choix du souverain en veut aussi à Mardochée parce que ce serviteur du royaume refuse de s’incliner et reste assis devant lui. Il complote un plan meurtrier  en faisant croire au roi qu’ « Il y a un peuple qui n’observe pas tes lois»… Ignorant que sa femme Esther était Israélite, écoutant la calomnie d’ Haman, il fit établir une loi autorisant l’extermination des Israélites à un jour fixe… Mardochée avertit celle-ci du danger en lui disant : «Va chez le roi’, lui disait-il, et supplie-le de nous sauver »  L’histoire rapporte que grâce à une habile et convaincante influence d’Esther : C’est ce méchant Haman, notre ennemi!’ répondit Esther. Alors le roi ordonna que Haman fût mis à mort. Puis il fit de Mardochée l’homme le plus puissant après lui. Mardochée fit établir une nouvelle loi qui accordait aux Israélites le droit de se défendre au jour fixé pour leur extermination… »

   Les mœurs de ces personnages qui ont droit de vie ou de mort sur leurs sujets et administrés avaient marqué le cours de l’histoire de leurs contemporains. Il y avait aussi Salomé la fille du premier mariage d’Hérodiade et de Philippe, le frère du roi Hérode, elle est donc à la fois  la nièce du roi et sa belle-fille. Sur instigation de sa mère, elle demande et obtient qu’on lui apporte sur un plateau la tête de Jean-Baptiste. Une tragédie qui se renouvelle dans tel ou tel pays…Est-ce qu’elle ne vous rappelle pas quelque chose ? Dans un autre registre, des choix de ce genre, sous pression, provoque encore et toujours des conséquences déplorables pour tout un peuple… Comme pour donner raison outre-tombe à feu Me Francisque Ravony avait affirmé un jour que l’exercice du pouvoir peut être assimilé à une pièce de théâtre. De nos jours les personnalités ayant un rôle à jouer dans le pays sont des  « acteurs » politiques.

Comme cette représentation évoquée par RFI, une «femme est montrée un petit peu dans tous ses caprices, son goût pour l’argent, son aveuglement sur ce qui se passe autour d’elle ». Ici comme ailleurs, profitables et combien favorables pour les bénéficiaires les faveurs, les promotions et les octrois de marchés publics, de nos jours se jouent dans l’accomplissement d’un acte qui facilite la répétition, se passent sous le sceau du  secret d’alcôve au détriment des intérêts publics! Motus et bouche cousue. Et vogue la galère !

N. Razafilahy

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