JIRAMA: Adieu les subventions

Dans la conjoncture actuelle, les mesures en cours pour limiter les besoins de transferts à la JIRAMA sont fondamentales. Ainsi, selon les données gouvernementales et les informations fournies par les institutions de Bretton Woods, il est , entre autres, fait état qu’il faudra continuer d’améliorer la mobilisation des recettes et la maîtrise des dépenses non prioritaires, et en particulier appliquer résolument les réformes de la JIRAMA.

La société nationale d'électricité et d'eau, la JIRAMA, - une société anonyme dont l’actionnaire est l’Etat -, est sous la tutelle conjointe du Ministère en charge de l’énergie et du Ministère en charge de l’eau potable. Elle assure la fourniture de l’électricité et de l’eau potable sur une grande partie du territoire.

La réforme du sous-secteur Electricité a facilité l'établissement de relations contractuelles entre la JIRAMA et des producteurs indépendants d’électricité (PIE /IPP) pour l’achat d'électricité. A ce jour, le pays compte une dizaine de producteurs privés.

La Banque Mondiale a récemment confirmé le financement du Projet d’Amélioration de la Gouvernance et des Opérations du Secteur Électrique (PAGOSE). Les composantes du PAGOSE sont le renforcement de la planification et du développement du secteur électrique et études de viabilité financière ;  l’amélioration de la performance opérationnelle et de la gestion de la JIRAMA ; et des investissements pour appuyer la mise en œuvre du plan d’amélioration de la gestion (PAG) de la JIRAMA.

Et les mêmes informations d’indiquer, surtout, que le programme inclut également des interventions de réhabilitation et de remise à niveau des infrastructures de transport et de distribution, et d’accroissement de la production à travers le financement de conversion de centrales thermiques à gasoil au fuel oil (HFO) et l’installation de nouvelles centrales au HFO. Un montant de 65 millions USD est attendu de la Banque Mondiale.

En attendant d’y voir, on ne peut plus clair, un constat est têtu : la faible pluviométrie fin 2016 a conduit à une réduction de la production des centrales hydroélectriques de la compagnie nationale d’électricité, les rivières se trouvant à l’étiage. Pour réduire les délestages, la Jirama a davantage recours au parc de centrales thermiques et a signé un nouveau contrat de fourniture de carburant avec la société Jovenna. En outre, la Jirama a lancé une série d’opérations aériennes pour provoquer artificiellement des pluies au-dessus des rivières alimentant les centrales.

Ces dépenses supplémentaires, note-t-on,  interviennent alors que le FMI a fixé un plafond de subventions à la Jirama dans le cadre de la FEC (76 M USD pour 2017), plafond appelé à se réduire progressivement d’ici 2019.

Il s’ensuit qu’un programme de retrait progressif des subventions de l’Etat qui tient compte des impacts sur l’économie sera poursuivi en vue de réduire les charges de l’Etat et de renforcer les possibilités financières en matière d’investissement public. Dans ce cadre, les subventions octroyées à La JIRAMA seront réduites de 50 Milliards d’Ariary chaque année dans le cadre du programme FEC pour marquer un certain niveau de désengagement de l’Etat.

En d’autres termes, les transferts et subventions  sont estimés globalement à 959,7 milliards d'Ariary en 2017, contre 1005,3 milliards d’Ariary en 2016 (soit une baisse de 4,5%). Cette baisse résulte de l'arrêt des subventions aux pétroliers mais aussi de la diminution des subventions à la société JIRAMA afin d’alléger les charges supportées par le Budget. Les transferts accordés à la JIRAMA passeront de 290 milliards en 2016 à 250 milliards en 2017.

Et comme l’exception confirme la règle, à la présidence de la république, il est prévu dans la loi de finances de cette année l’acquisition d’un groupe électrogène très puissant à même de couvrir et sécuriser l’ensemble des sites à Iavoloha en cas de coupure de la JIRAMA et connecter les bâtiments et autres sites non encore sécurisés au groupe électrogène.

C.A

Ajouter un Commentaire