Sentinelle: La révolte des frustrés

Depuis quelque temps sur tout le territoire malgache, les vindictes populaires ont fait rage. Ces actes dénués de toute référence sur les droits de l’homme font office de justice populaire faite par des gens en proie à une énorme frustration. Eh oui ! Une frustration grandissante due à la perte de confiance d’un peuple sur la justice de son pays. Il est aussi vrai que ces acteurs d’atrocités ont fait preuve de méconnaissance de la loi en vigueur sur les délits commis quels qu’ils soient, et que leur nombre à revendiquer et  à exécuter une peine de mort immédiate n’est que légitime et non légale. Effectivement comment voulez-vous que des gens à peine lettrés sachent faire la différence entre ces deux notions ? On a beau dire que nul n’est censé ignorer la loi mais à qui la faute ?  Ces gens laissés à eux-mêmes depuis des décennies se sont érigés en juges et bourreaux des crimes et délits se passant dans leurs fiefs comme protection sociétale. Le constat de n’être pas protégé par les forces de l’ordre vu leur éloignement d’un chef-lieu, le sentiment d’insécurité qui perdure sur ces faits et la relaxation des fauteurs de crimes, ont renforcé leur décision de rester dans leur conviction de se faire justice soi-même. En agissant comme tels, ils veulent faire de ces actes au moins une dissuasion pour les criminels potentiels.

Il est vrai que cette plaidoirie pour la défense des ignorants n’a pas lieu d’être, vu l’urgence de la situation actuelle qui nous mène vers la dégradation d’une société qui se dit civilisée.  Mais parlons aussi civilisation, cette civilisation que tout le monde veut, que la justice soit la même aux Etats Unis, en France ou à Mananjary (SIC).  D’abord dans certains Etats d’Amérique du Nord, la peine de mort y est encore appliquée, en France il n’y a pas de condamnation à mort, et à Mananjary il y a la justice populaire. Comme nous le constatons, l’application de la justice diffère dans le monde.   Alors pourquoi ne faisons-nous pas de même dans nos contrées sur les cas de flagrant délit de crimes ?

Ce n’est juste qu’une hypothèse car malgré la pertinence de notre raisonnement dont l’application s’avère difficile, on ne saurait encourager le peuple malgache sur cette voie de décadence, de régression menant vers le chaos. La pire des choses en fait est de se demander si la sanction commise est à la mesure du délit. Eh oui ! Des exactions peuvent être perpétuées et créeront un cataclysme sociétal des plus inattendus.  Si on commence à toucher aux lois, certaines régions risquent de dévier vers le séparatisme, ce que personne ne souhaite. Se sentant oubliés par le pouvoir central, et pour peu qu’un politicien véreux provoque une scission au sein de ces contrées loin de nos décideurs, des régions entières vont s’embraser en fomentant des guérillas contre le gouvernement actuel. Ce problème qui peut devenir épineux se doit d’être réglé  au plus vite pour éviter sa prolifération dans tout le pays. La désobéissance civile n’est pas de bon aloi pour une nation qui se cherche une place au sein de la communauté internationale. Si pour un oui ou pour un non un investisseur malgache ou étranger risque de se faire lyncher, jamais ils n’oseront participer à des actions de développement pour aider des zones enclavées où un baron du coin a la main mise sur tout ce qui a trait à la vie.

C’est une urgence sociétale de régler ce problème en :

- réactivant l’instruction civique y afférente vis à vis de la population,

- sanctionnant avec sévérité à titre d’exemple ceux qui fomentent ces crimes,

- faisant une large diffusion des mesures prises par le pouvoir.                          

   Max Randriantefy

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