Chronique de N. Razafilahy: Allons zenfants de Machiavel, le jour de gloire est arrivé !

Une seule strophe de la Marseillaise est déjà un appel incitateur pour prendre les armes face aux menaces de l’invasion d’où qu’elle vienne.  Ici à Madagascar, pour les nouveaux riches du règne du laisser-aller corrompu, l’esprit de l’hymne national « RY TANINDRAZANAY MALALA » devenu pour eux désuet, n’a plus qu’un rôle de cérémonial spectaculaire dans l’hypocrisie d’un rituel du patriotisme républicain pourtant sacré. Même au cours d’un évènement aussi solennel que celui de la présentation des vœux des corps constitués, les tares du régime transparaissent toujours.

Samedi dernier, au  cours de cette grande messe d’Iavoloha, tous les chefs d’institution de la République avaient  beau chercher à convaincre et afficher un optimisme de circonstance, mais apparemment spectateurs et les lointains auditeurs de leurs numéros de prestation oratoire ampoulée et vantarde, non seulement ne croyaient pas leurs oreilles, mais surtout les blablateurs eux-mêmes. Vu la conjoncture qui prévaut actuellement, ce qui n’est pas du tout impensable, il faudrait que le Chef d’Etat agisse avec fermeté par-dessus les impératifs partisans hautement intéressés de son premier cercle. Il le sait trop bien en prenant le risque de se lancer à la cantonade, n’importe comment et n’importe quand, à tous bouts de champs,  à des vaniteuses fanfaronnades que ses collaborateurs n’arrivent même pas à faire semblant de réaliser. Et pour cause,  on ne parvient jamais à finalités pourtant « réalisables » avec l’amateurisme cancre et incompétent propre à tous courtisans parvenus.  Prioriser les combines sous le couvert des fonctionnements des affaires étatiques et reléguer les réels intérêts nationaux et les aspirations populaires légitimes au rang de leurs derniers soucis ne rimeront jamais, jamais avec cette « réussite » imaginaire à laquelle le plus officiellement du monde on fait état. Plus deux ans ont passé et le président reste et demeure toujours confronté aux séquelles des promesses non tenues, même s’il n’arrête pas d’enfiler les inaugurations les unes après les autres.  Il lui faudra revoir ses sentiments d’autosatisfaction politicienne, non plus à l’aune des siens. Ses laudateurs sont farouchement convaincus que le parcours de leur idole mérite félicitation nationale et n’irriteraient que envieux et les râleurs…Toutes proportions gardées, à partir de l’an 2002 jusqu’à nos jours, installés au pouvoir par effraction avec sacralisation païenne ou par des consultations électorales balisées programmées pour, aucun de ces hommes de paille et autres Pinocchio de ces systèmes basés sur la voyoucratie  ne peuvent prétendre avoir mieux fait que Tsiranana, les bâtisseurs du parti PSD et cet amiral toujours mal aimé et incompris. Quoi qu’en disent leurs détracteurs bornés, à qui nous devons l’Université d’Antananarivo et les premiers cadres de l’élite nationale, ce grandiose site administratif et immobilière d’Anosy et d’Ampefiloha, des 67Ha, la démocratisation de l’Enseigne-

ment Supérieur, les barrages toujours opérationnels d’Andeka-

leka et  Namorona, les premières innovations avec la voiture Karenjy, l’énergie renouvelable à Jafaro?

Il est assuré qu’à force de continuer dans cette obstination institutionnelle dévoyée, cette pente dangereuse ne peut que mener vers l’abîme de la paupérisation des habitants et celui, tôt ou tard, d’une descente aux enfers pour ce cercle restreint autour des barons du régime qui en tirent profit. La population aurait aimé que le président Hery Rajaonarimampianina et son équipe songent un peu plus à concrétiser dans la réalité du courage politique, toutes ces promesses basées sur cet espoir qui fait les imbéciles heureux d’un bout à l’autre de l’île. Et ce n’est pas avec ces bilans symboliques destinés à amuser la galerie et qui ne trompent que les naïfs administrés d’un régime sous le joug d’un pouvoir ploutocrate à la solde de puissants envahisseurs étrangers que les choses publiques vont s’arranger. Et encore faut-il déjà ne pas faire l’autruche en chœur et en public au cours d’une cérémonie officielle de l’importance de la présentation des vœux. Et surtout ne pas traiter d’ignobles perturbateurs tous les braves citoyens  qui refusent de se prosterner devant ces responsables centraux. Ils ont entièrement raison de récuser les discours simplistes de ceux qui oublient sciemment que les habitants vivent sous l’oppression d’une dictature molle. Les méthodes  varient entre  la manipulation de l’opinion et répressions musclée. A titre d’exemple, du côté de Mananjary pourtant, deux chefs coutumiers ont été  interpellés avant d’être internés à titre de représailles sûrement,  afin de dissuader les têtes brûlées qui s’aviserait de jouer les justiciers de l’exécution sommaire. Est-ce que ces bonnes intentions annoncées tambour battant il n’y a pas longtemps, en pays Antefasy, Zafisoro, Antemoro et Antesaka (de véritables carottes) expliquent ce coup de bâton sur le territoire des Antambahoaka, dans la foulée ? En réfléchissant sérieusement sur ce que vivent, supportent et endurent les natifs de cette île bien-aimée, il semble bien que les idées de Nicolas Machiavel en matière de gestion du pouvoir ont bien été assimilées et appliquées, à la gloire et au service du Droit (avec une grand D) bafoué.

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