Edito: Comment remotiver les Malgaches ?

La visite officielle du président chinois est l’unique événement que Madagascar attend. Une visite prévue en… 2018. Autrement dit, les autorités malgaches ont tout le temps de ne rien faire. Ce qui ne change pas au train-train de leur quotidien. Ce que vive la population est aujourd’hui  anormal, sinon amoral. D’ici l’élection présidentielle, la population  tournera, donc, le pouce. Même les médias locaux n’ont pas grand-chose à raconter.

Pire : les faits divers ont commencé à se tarir. Dans le passé, en pareille période, l’actualité politique ne manquait jamais, la presse écrite a toujours de quoi écrire, notamment sur les débats, souvent animés à l’Assemblée nationale. Maintenant que la session parlementaire s’est arrêtée à la fin de l’année dernière, pour ne reprendre qu’au mois de mai, c’est l’assèchement au niveau politique qui prévaut. D’autant plus que les communiqués portant sur les conseils de ministres ou de gouvernement se font rares, voire inexistants. Cependant, les députés, qui s’ennuient dans leurs circonscriptions respectives, projettent de réclamer une énième session extraordinaire, en mars prochain. Histoire de garnir leur argent de poche, et entretenir leurs petites amies...

Que faire pour remotiver les Malgaches ? Jusqu’ici, le pouvoir exécutif et le peuple se regardent en chiens de faïence. Le chef de l’Etat semble même craindre de regarder dans les yeux, la grande île profonde. A l’heure où il se prépare, de nouveau, à un déplacement à l’occasion du sommet Afrique-France, à Bamako (Mali), prévu les 13 et 14 janvier, comme d’habitude, une virée de quelques jours à Paris n’est pas à exclure. D’où une prolongation de la… sieste des hommes au pouvoir. A chaque absence de M. Rajaonarimampianina, c’est, en effet, l’assoupissement général dans le rang : chaque ministre, chaque chef d’institution vaquent alors à leur passe-temps préféré, tourner en rond. Un grand nettoyage, sinon une révolution, s’impose. Non pas une révolution pour le plaisir de tout casser, de tout brûler, mais un mouvement populaire démocratique, civilisé… C’est trop demander pour un peuple qui a faim, sans emploi et dont l’avenir est derrière lui.

Franck RAHARISON

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