Vols de bovidés: Un taux de récupération inférieur à 50%

Inférieur à 50% ou plus précisément aux alentours de 47%. C’est le taux de récupération des bœufs volés en 2016 si l’on se réfère aux statistiques fournies par le premier ministre. C’était vendredi lors de la présentation de vœux au palais d’Etat d’Iavoloha. En réalité, les autorités peinent à juguler les actes perpétrés par les « dahalo » ou les voleurs de bovidés. A partir de l’effectif des bœufs volés et récupérés, moins de la moitié revient à leurs propriétaires. Des opérations militaires se sont pourtant succédé depuis la transition. La dernière en date est l’opération « Fahalemana » ou paix. Déployée dans la moitié des régions du pays, elle n’a pas finalement donné des bons résultats quand on jette un coup d’œil sur le taux de récupération des bœufs volés. Or, aucune mesure n’est prise concernant les transactions sur le marché national et les exportations. Si des abattoirs ont été fermés temporairement, ils sont de nouveau opérationnels. Ces infrastructures sont en règle vis-à-vis de l’administration. Mais dans la mesure où les vols de bovidés ne cessent d’être un grand problème pour les éleveurs et les paysans, elles pourraient contribuer à aggraver la situation.

En effet, les différentes approches pour le blanchiment de bœufs volés foisonnent. Ces vols comptent des réseaux mafieux solides comptant des autorités. Ces réseaux n’ont donc aucun problème pour pratiquer ces approches, les affiner, voire les changer pour de nombreux bœufs volés mais blanchis et qui pourraient alimenter les abattoirs. Voilà pourquoi des députés ont réclamé, un temps, l’arrêt sur quelques années des exportations et de toute transaction, même au niveau national. A leurs yeux, ces activités incitent les vols. Rappelons que même dans les périodes d’insécurité les plus difficiles comme dans les années 80, les « dahalo » n’ont jamais raflé plusieurs centaines de têtes en une seule nuit, comme ils le font depuis la fin de la transition. Courant 2013, des fortes rumeurs ont couru sur un candidat aux présidentielles qui aurait financé des « dahalo » pour étoffer son fonds de propagande via la filière de bœufs volés. Depuis, des abattoirs dédiés à l’exportation ont également vu le jour. Et les vols n’ont pas cessé. Or, les forces de l’ordre ne les maîtrisent pas, à en croire les statistiques sur les bœufs récupérés évoquées par le premier ministre. Même si ce dernier a parlé de la poursuite des efforts pour restaurer la sécurité rurale et urbaine, la situation est loin de s’améliorer.

En revanche, ni lui ni le président de la république n’ont fait aucunement mention de la Réforme sur le secteur de la sécurité (RSS). Cette réforme tant vantée l’année dernière par les autorités se pratique notamment dans les pays qui sortent d’un conflit ou d’une guerre. Ce n’est pas le cas pour Madagascar où l’insécurité est d’un autre ordre. Mais on dirait que les autorités concernées ont accepté d’adopter la RSS grâce au financement extérieur qui l’accompagne. Il est question de mettre en œuvre cette réforme cette année mais le premier ministre n’en a soufflé mot lors de son discours à Iavoloha. Le président qui est aussi chef suprême des armées non plus.

Fanjanarivo

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