ACD : menace des bailleurs de fonds !

Non, l’ACD de Philippe Lecrec et de Jean Codo n’est pas morte. Elle est toujours sur les rails malgré la sourdine opérée par ses initiateurs au terme d’une conférence de presse et d’une intervention sur les réseaux sociaux de l’ambassade des Etats-Unis réitérant l’inexactitude des arguments pour racketter 85 euros par conteneur et 15 par véhicule sur toutes les importations et les exportations de Madagascar.

A en croire la Lette de l’Océan Indien qui est généralement bien informée, les initiateurs de l’ACD font tellement de pression que les bailleurs de fonds se saisissent du dossier. Dans son dernier numéro, cette publication consacre un article selon lequel « les chancelleries préparent les sanctions » contre l’ACD.

La position de nos partenaires techniques et financiers est simple : l’ACD n’a aucunement sa raison d’être. Conformément à ce qu’ont rapporté des experts nationaux  dans nos colonnes, le code ISPS est, en effet, totalement différent de l’ACD qui n’est autre que le BSC (bordereau de suivi des cargaisons ou ECTN en anglais) déjà appliqué à Madagascar avec Gasynet. Nos bailleurs de fonds se demandent ainsi pourquoi le gouvernement acceptent de faire payer de nouveau les opérateurs pour une prestation déjà existante et ne souffrant d’aucune récrimination.

Hier, lors de du dialogue politique entre Madagascar et l’Union européenne, l’ACD a été d’ailleurs remise sur le tapis, preuve que le projet n’est pas enterré malgré le silence du gouvernement et surtout du président de la République. La position de l’Union européenne qui demande une rencontre pour débattre de l’ACD et décider une fois pour toute, confirme les assertions de l’Océan Indien.

D’après cette publication, les chancelleries seraient en train d’étudier des sanctions économiques au cas où le régime Rajaonarimampianina se résoudrait à appliquer l’ACD. Les Etats-Unis qui font ces derniers temps l’objet de critiques pour « leur ingérence » dans cette affaire de sûreté maritime et la condamnation de l’artiste Iary pour les prises de position exprimées sur le groupe web qu’il a créé sur facebook, viendraient en première ligne en limitant les dispositions de l’AGOA. Le Japon, la Corée du Sud et le Canada seraient eux prêts à intervenir auprès du FMI pur fermer ses robinets et retirer ainsi son feu vert. Directement affectés par l’ACD au cas où la mesure serait appliquée, ces pays ne visent qu’à sauvegarder les intérêts de leurs entreprises qui sont dans le projet Ambatovy lequel a reçu de l’Etat malgache la stabilité de leur statut, quel que soit le régime.

Inquiétant, l’article de la Lettre de l’Océan Indien semble éclairer la situation. Il semble expliquer pourquoi la réunion des bailleurs de fonds et des investisseurs de décembre dernier et ses promesses de plus de 6 milliards de dollars d’aide ne sont pas suivis d’effet jusqu’à présent. En tout cas, il n’y a aucune signature de convention de financement sur tel ou tel projet. Il n’y a non plus aucune annonce officielle d’allocation de ressources de la part des bailleurs de fonds. Pire, les observateurs font remarquer qu’au contraire de la tradition observée depuis les années 80 après le passage d’un cyclone, les autorités malgaches n’ont pas non plus convoqué le corps consulaire et diplomatique pour présenter le bilan provisoire et solliciter officiellement des aides. Est-ce à cause des affaires comme les trafics d’or (lire notre article en page3) ?.

Sa              

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