Taxe de la pauvreté: La TVA finance le train de vie de l’Etat !

3,5%. C’est la part de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) par rapport aux réalisations totales quant au financement du Programme d’investissement public (PIP 2015), si l’on se réfère à la loi de règlement 2015. Cela signifie que cette taxe n’a qu’une part très modeste dans le financement du PIP, c'est-à-dire dans le financement de l’investissement devant contribuer à améliorer le quotidien des Malagasy et des entreprises. Ce taux a été de 5,2% en 2014. Ainsi, un recul est constaté d’une année à l’autre. De ces chiffres, l’on peut conclure que la TVA finance à peine l’investissement. A contrario, elle contribue beaucoup à financer les dépenses de fonctionnement. Autrement dit, elle finance le train de vie de l’Etat. Et ici, il faut noter que c’est l’Etat central qui jouit le plus du budget public. En effet, la décentralisation budgétaire n’est qu’un leurre parce qu’en général, 90 à 95% sont consommés au niveau central. Il ne reste que des miettes pour les collectivités décentralisées pourtant composées de 1 693 communes et de 22 régions. Et l’on ne parle pas encore des 6 provinces qualifiées également de collectivités décentralisées mais non encore opérationnelles.

Rappelons que la TVA fait l’objet de longs débats depuis plusieurs années déjà, notamment au niveau du continent africain. Des économistes la qualifient comme la taxe de l’appauvrissement car celle-ci est prélevée essentiellement sur la consommation. Elle pénalise les plus pauvres dont le pouvoir d’achat est déjà très faible. A Madagascar, la population vivant dans l’extrême pauvreté oscille entre 64 et 77% selon les sources (Banque mondiale et système des Nations unies). En fait, ces chiffres diffèrent suivant les critères de définition de ce type de pauvreté. Quoi qu’il en soit, cette forte proportion de la population vit dans la misère noire. Elle doit pourtant composer avec une TVA à taux élevé, soit le taux unique de 20%. C’était sous Ravalomanana que ce taux a été ramené à 18% mais pour une année seulement. Depuis longtemps, les industriels ont plaidé pour des taux différenciés assortis, entre autres, d’un taux nettement inférieur aux autres pour les produits courants. A terme, cette approche devrait générer d’autres impacts positifs dont la progression de l’industrialisation et de l’investissement, la création d’emplois et la hausse des recettes publiques.

Seulement, l’Etat n’a jamais accepté cette proposition. Sous Ravalomanana, il a argué que sur le plan technique, il était difficile d’instaurer des taux différenciés. D’autres pays le font pourtant. Pourquoi pas Madagascar ? Le pays manque-t-il de compétences à même de procéder à cette opération de différenciation de taux ? Apparemment non. Mais tout est question de volonté politique. Au Japon, la hausse du taux de la TVA a été reportée à maintes reprises, alors qu’il s’agissait de le faire passer de 8% à 10%. Le Japon est un pays développé. En revanche à Madagascar, les Malagasy doivent subir une TVA à 20% alors que le pays figure dans le top 10 des pays les plus pauvres au monde.

Fanjanarivo

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