le poing: Debout les morts …

Et si l’on parlait un peu de nous. Nous en tant que « La Gazette de la Grande Ile », en tant que journal qui « ose » encore et toujours faire sa Une, ses gros titres, en français. En vérité, nous ne sommes plus qu’une petite poignée à s’afficher comme résolument francophones. Rien ne nous oblige, certes, à le faire, mais si on devait titrer en malgache ou en anglais, du jour au lendemain, ce sera alors une véritable révolution… culturelle.

« La Gazette » ne se pose en défenseur de la langue de Molière, ni en partisan de la malgachisation à outrance, cependant la réalité nous oblige à préserver, à garder la langue française comme un outil de production… Faut-il rappeler ici, très humblement, que la presse écrite à Madagascar est la première, la principale école, censée promouvoir le français, ce que refuse de reconnaître les hautes autorités de la Francophonie. Dans tous les cas, nonobstant les efforts déployés par des journaux locaux concernés, aucun n’est payé en retour.

D’ailleurs, à propos de notre journal, on n’a rien demandé à la Francophonie ni surtout à la France. Nous sommes, dans une certaine mesure, au service d’une cause qui n’est pas vraiment la nôtre. Cependant, nous participons pleinement au développement de cette langue qui est toujours là, malgré tout et tout. Et c’est, peut-être, mieux ainsi.

D’autre part, l’opinion est désormais habituée au silence, à l’immobilisme de l’exécutif. Quand Hery Rajaonarimampianina va-t-il tenir, en bonne et due forme, une conférence de presse ? Au moins qu’on sache ce qu’il a dans le ventre… Pour le moment, c’est motus et bouche cousue, jusqu’en 2018, année de la prochaine présidentielle.

Des voix s’élèvent pour réclamer une élection anticipée. Ce qui est une bonne initiative, car on ne peut plus continuer ainsi avec l’actuel locataire d’Iavoloha. Mais Rajaonarimampiana ne veut rien entendre. D’ailleurs, des bailleurs de fonds institutionnels commencent sérieusement à se demander concernant la vraie politique de celui-ci, bien qu’il n’en ait pas. Au palais d’Iavoloho, c’est le vide et le bide réunis.

Face une telle situation, on cherche en vain l’homme providentiel. Là encore, c’est le vide. Pas l’ombre d’un Zafy, d’un Ratsiraka, d’un Rajoelina ou d’un Andriamanjato, etc., à l’horizon : debout les morts, la patrie est en danger ! Puisque personne ne bouge, je ferme la parenthèse…

Franck Raharison

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