Affaire MBS: Malaise du régime

D’un côté, les stations de radio et de télévision privées appartenant à des sympathisants du régime se développent comme des champignons. D’un autre côté, celles appartenant à des personnes hostiles au HVM subissent toutes les misères pour obtenir les autorisations requises. Dans un esprit de censure, le régime a ordonné la fermeture de plusieurs relais en province du groupe média Viva de l’ancien Président Andry Rajoelina. Dans le même esprit, il s’oppose tacitement à la réouverture du groupe média MBS de l’ancien Président Marc Ravalomanana. Celui-ci est agacé par le fait que Hery Rajaonarimampianina n’ait pas respecté sa promesse à propos de cette réouverture de MBS. Après avoir trahi Andry Rajoelina, Hery Rajaonarimampianina a donc agi de la même façon avec Marc Ravalomanana.  Le fondateur de Tiko souhaite aller vers un clash mais en même temps il a peur que le régime mette à exécution sa condamnation pénale. Après la nouvelle mise sur le marché réussie des produits Tiko, Marc Ravalomanana veut continuer sur sa lancée et faire en sorte que sa radio et sa télévision émettent à nouveau mais le régime craint fortement que de tels outils d’information se métamorphosent en instruments de propagande électorale. En effet, si Marc Ravalomanana exige fermement la réouverture de MBS, il ne se contentera de diffuser des chants évangéliques. Il a besoin de ses propres médias pour prêcher sa bonne parole politique, entrecoupée de publicités louant le parti TIM et faisant la promotion de ses produits laitiers. En premier lieu, MBS sera au service de Lalao Ravalomanana (candidate à sa propre succession à la mairie d’Antananarivo) et de Marc Ravalomanana (candidat au prochain scrutin présidentiel). En second lieu, MBS servira à critiquer Andry Rajoelina et le Mapar ainsi que Hery Rajaonarimampianina et le HVM. Le régime au pouvoir, qui ne s’en sort pas avec les médias peu tendres avec lui, ne souhaite pas en rajouter une couche en permettant la réouverture de MBS. Le pouvoir en place ne peut pas se permettre de lâcher du lest car cela serait suicidaire pour lui. Il est suffisamment en mauvaise posture pour se permettre, en plus, de scier la branche sur laquelle il est assis. La réouverture de MBS embarrasse le régime, tout comme sa non-réouverture. Après avoir choisi de ne pas exécuter les condamnations de Marc Ravalomanana, le régime va-t-il persister longtemps dans l’erreur et la diversion? En attendant, la censure à l’encontre de MBS constitue un nouvel abus de pouvoir du régime. Elle déplait d’une part, à l’opinion publique malgache qui déteste les injustices et d’autre part, à la communauté internationale qui souhaite une égalité des chances entre tous les candidats au prochain scrutin présidentiel. Nul n’ignore que, dans le contexte malgache, une élection présidentielle ne peut se gagner qu’avec l’appui d’une campagne de communication solide servie conjointement par la presse écrite, la radio, la télévision, les affiches et les médias sociaux.                                

Folojaona et PN

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