Edito: Les problèmes du secteur agricole

Ce n’est pas étonnant si le secteur peine à se développer et ce, malgré les pluies d’aides extérieures depuis l’indépendance. En effet, les principaux problèmes de développement rencontrés dans l’agriculture portent, entre autres, sur l’absence ou la cherté de l’engrais et des semences, les faibles prix de vente, l’insuffisance des superficies agricoles. Ces contraintes ont été évoquées par la récente étude de la Banque mondiale sur la pauvreté à Madagascar. Elles ne sont pas certes issues d’une analyse quantitative, mais reflètent la réalité vécue par les paysans. Ces derniers représentent toutefois plus de 70% de la population active et la population rurale, en majorité agricole, avoisine les 80%. Même si l’urbanisation est un phénomène irréversible, le monde rural demeure capital pour la lutte contre la pauvreté. Or, il souffre de mille maux et ses principaux problèmes portent sur des secteurs très stratégiques pour le développement agricole. Avec des branches comme la maîtrise de l’eau et l’accès à des techniques améliorées, les semences, l’engrais et la superficie cultivée sont vitaux pour ce secteur mais sont cités par les paysans comme étant des principaux problèmes. 

Depuis les programmes d’ajustement structurel impulsés par le FMI et la Banque mondiale, l’Etat se désengage pourtant des secteurs productifs. Les subventions ne sont plus de mise sauf dans des cas exceptionnels comme lors de la crise alimentaire mondiale vers la fin de la première décennie des années 2000. A cette époque, ces institutions financières internationales ont subventionné la production agricole de contre-saison. Une opération qui a donné des résultats plus que prévus, notamment pour la production rizicole. Avec une pauvreté de plus en plus aigüe toutefois, les paysans ne disposent pas de quoi acheter des engrais et des semences améliorées. L’utilisation de fertilisants demeure très faible pour se situer entre 3 à 7 kg/ha selon les données officielles. En Indonésie, la dose moyenne d’utilisation d’engrais chimiques était passée de moins de 20 kg/ha dans les années 60 à 140 kg/ha en 1990. Cette progression a permis de multiplier la production rizicole par 4 sur cette période en passant d’une moyenne de 1,2 t/ha à près de 5 t/ha. A Madagascar, l’engrais, même biologique, n’est pas à la portée des paysans. La raréfaction des zébus raflés massivement par les « dahalo » n’arrange pas la situation, alors que ces animaux sont censés produire de l’engrais.

La superficie cultivée fait également partie des principales contraintes. Elle est trop étriquée pour la survie des ménages agricoles. En réalité, le pays dispose encore de vastes terres arables. Mais dans la plupart des cas, ces terres sont situées dans des zones rouges comme c’est le cas pour les vastes superficies du Bongolava, de l’Ihorombe, de l’Amoron’i Mania, de la partie ouest du Vakinankaratra, du Melaky, du Menabe… L’insécurité règne en maître dans ces zones. Elle constitue ainsi une entrave au développement agricole. Sinon, le 4ème principal obstacle au développement agricole est le système d’irrigation inadapté et le 5ème porte sur le mauvais état des routes. Les gouvernements successifs sous le régime actuel ne se sont pas focalisés sur ces différents problèmes.

Fanjanarivo 

Commentaires

0 #1 zozial 21-04-2017 12:57
je suis souvent d'accord avec vous mais aujourd'hui vous parlez dans votre article de l'engrais chimique pour booster le rendement agricole, là je ne vous suis pas lorsque vous préconisez de lengrais chimique, attention donc car nous sommes capables de produire bio
tandisque la raréfaction de l'engrais bio n'est pas due au seul dahalo mais surtout les razzias des chinois et l'exportation sauvage de zébus.

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