Confions nos terres…: Aux moins offrants !

De nombreuses offres de financements se sont manifestées pour Madagascar. Pour la plupart, celles-ci n’émanent pas des institutions financières mondialement connues, mais plutôt de pays, de dirigeants et parfois même de personnes isolées dans le vaste monde du commerce international. Si pour le pays, les contreparties de telles offres devraient être ressenties pour les générations futures, l’évidence est que pour les titulaires de ces offres, l’intérêt est la spoliation des terres. De toute évidence, tout le monde sait que Madagascar dispose de richesses naturelles uniques au monde qui suscitent la convoitise.

Si la notion de patriotisme exige de la part de tout patriote digne de ce nom, la conservation, la protection et l’entretien de ses terres, l’évidence est tout autre dans ce pays. Les politiciens véreux et corrompus se ruent comme des forces nées à la tête de l’Etat pour pouvoir vendre nos terres en toute liberté. Pour parler plus simplement, le Malgache typique n’est plus traité comme un natif sur ses propres terres. Dans cette situation plus qu’inconvenante, l’étranger est considéré comme un roi, voire même un Dieu. Gare à ceux qui osent se permettent d’affirmer le contraire. Ce dont on peut être sûr c’est qu’un jour où l’autre tout ceci devra cesser et, le moment venu, il ne faudra pas s’étonner sur les semences de telles récoltes reviennent en pleine face. Ici, être politicien est un véritable métier qui permet de bénéficier de l’impunité à tous les niveaux connus, imaginés ou devinés. Si aucune mesure n’est prise, ce genre de comportement perdurera pendant encore de nombreuses décennies. Une solution serait sans doute de faire en sorte qu’un ancien dirigeant ne puisse pas bénéficier d’une immunité en fin de régime. Mieux encore, qu’il puisse être inquiété par des enquêtes venant d’un organe intègre et effectivement indépendant. Ce cas s’est produit en France avec Jacques Chirac ou encore Nicolas Sarkozy, d’anciens chefs d’Etat qui ont dû s’expliquer devant la justice. C’était également le cas de Dilma Rousseff, ancienne présidente du Brésil, ou encore Park Geun-Hye, inculpées de corruptions. Et qui ne connaît pas l’histoire du Watergate aux Etats-Unis.

Malheureusement, la justice n’est qu’un mot vide de sens dans ce pays car les plus fortunés ne cesseront de bénéficier d’avantages certains aux yeux des lois qu’ils auront eux-mêmes élaborées. Autant qu’on se le dise, il n’y a qu’un seul seigneur à Madagascar : l’argent. Si l’adage veut que celui-ci soit un bon esclave et un mauvais maître, le résultat est frappant. A Madagascar, tout s’achète. Les terres, les juges, les dossiers administratifs, l’impunité et mêmes nos sœurs, nos filles et nos femmes.

A force de se plaindre, le Malgache finira par passer à côté de l’opportunité de changer les choses. Bien entendu, le changement ne sera pas bénéfique à tous et les réticences seront d’autant plus violentes. Mais s’il reste une chose qui constitue la force d’un peuple, ce sera éternellement le droit de vote. Ce droit qui lui permet de s’exprimer de manière libre, et qui indirectement permettra de changer les choses. Qu’on le veuille ou non, les élections se tiendront. Qu’on le veuille ou non, un président sera élu. Il sera comme tous les autres, vénale, corrompu et ne se souciera que de ces intérêts propres. Afin de stopper l’hémorragie, autant choisir une personne qui en toute humilité affirmera n’avoir aucune réelle solution pour ce pays, mais contribuera grandement à l’amélioration du bien commun.

Si la quasi-totalité de la population en a ras-le-bol de la politique, l’élection, sous toutes ses formes, est le seul moyen pour faire comprendre la véritable force de la population face à ces menteurs qui commencent à envahir et polluer notre si belle île.

Johan R.

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