Apatrides: Madagascar ne doit pas céder aux pressions

Il paraît normal et même évident d’avoir un nom, une date de naissance, un domicile et une nationalité. Pourtant, il existe des millions de personnes dépourvues de nationalité. Ce sont les apatrides. D’après la Convention de 1954 relative au statut des apatrides, un apatride est « toute personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. » A côté de ce texte fondateur, il existe la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie. Madagascar n’a pas ratifié ces conventions internationales mais la situation est gérée est un bureau des réfugiés et apatrides rattaché au service de l’immigration et de l’émigration du Ministère de l’Intérieur, en application du Décret n° 62-001 du 5 janvier 1962. L’argumentation des apatrides qui réclament la nationalité malgache est simple : ils n’ont aucun autre pays où aller, ils vivent dans la Grande Ile depuis plusieurs générations et ils sont bien intégrés dans le tissu économique et social. En raison de ces motifs, ils estiment qu’ils ont le droit d’obtenir la nationalité malgache. Les détracteurs de cette mesure estiment que les apatrides, qui sont en majorité d’origine indo-pakistanaise, présentent des arguments complètement fallacieux. Nombreux sont les prétendus apatrides qui possèdent la nationalité française, indienne, pakistanaise ou mauricienne. Ils n’ont pas à avoir la nationalité malgache. Leur statut de résident leur permet d’avoir tous les droits octroyés aux malgaches, mis à part celui d’accéder à la propriété foncière. Les étrangers, qu’ils soient apatrides ou non, ont déjà la possibilité de conclure des baux emphytéotiques et d’effectuer des constructions. Que leur faut-il de plus ? La situation est déjà suffisamment explosive, avec les litiges fonciers entre Malgaches et ceux liés aux terrains octroyés abusivement aux étrangers, pour que les autorités malgaches rajoutent de l’huile sur le feu en octroyant aux apatrides la nationalité malgache qui leur permettra d’acquérir des terrains, ce qui alimentera la spéculation. Madagascar, qui est un des pays les plus pauvres du monde, n’a pas vocation à permettre aux apatrides richards de devenir richissimes. En dépit des apparences, la Grande Ile est un pays souverain qui doit sauvegarder avant tout les intérêts de ses nationaux. Ce n’est pas un hasard si la Convention de 1954 n’a été ratifiée que par 66 pays et celle de 1961 par 40 pays uniquement. Madagascar ne doit pas céder aux pressions des zélateurs de la réduction des cas d’apatridie.

Phil de Fer

Commentaires

0 #2 Rajaona 18-05-2017 16:24
dans ce cas, Monsieur Fil de Fer, il faut aussi refuser d'octroyer la nationalité aux malgaches qui vivent à l'étranger et qui demandent la nationalité de son pays d'accueil. Il faut appliquer le principe de réciprocité
0 #1 Ando 18-05-2017 12:49
On peut aussi adopter une autre mesure: ils obtiennent la nationalite Malgache, si (et seulement si) ils renient leur(s) nationalite(s) anterieure(s). On verra s'ils sont vraiment patriotes.

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