Presse : à deux pas de la censure ?

Plus de 300 jours après la répression de la liberté de la presse, un communiqué tombe du ministère de la Communication et des Relations avec les institutions. A titre de rappel pour l’observation de l’éthique et de la déontologie, le nouveau ministre Harry Laurent Rahajason dénonce la pratique de certains organes de presse qui ne font autres choses que chanter des louanges du pouvoir. Celui-ci accuse aussi les acteurs de la presse nationale dans le traitement des faits « selon ses convenances » jusqu’à des faits de diffamation et injures à partir des informations gratuites et dépourvues de toute preuve tangible et concrète. Il n’est guère question de discuter sur l’éthique et la déontologie du métier mais n’est-elle pas prévue une table ronde avec les acteurs de la presse nationale avec le ministère tutelle à propos du code de communication ? Et cela ne date même pas d’une semaine. Une pensée naît alors suite à la tombée dudit communiqué : y a-t-il urgence à cette déclaration ?

Et si l’absence de poursuite ou de harcèlement judiciaire à l’encontre des organes de presse est une preuve tangible pour le gouvernement selon laquelle la liberté de presse est effective à Madagascar, suite à cette affirmation, on a « amené quelques consœurs et confrères à carrément fouler au pied l’éthique et la déontologie du métier ». Ce soi-disant piétinement de l’éthique est traduit par la violation de la vie privée de simples citoyens et hautes personnalités étatiques ainsi que des accusations sans fondement. Mais en parlant de cette éthique, qu’en est-il de la seule et même photo de Claudine R. à l’Hjra mise à la une des quotidiens du pouvoir sans que les autres organes de presse soient invités, voire même interdits d’entrée ? Sans parler des titres de ceux-ci qui s’en prennent à une seule personne, hier. On parle bien évidemment de Fanirisoa Ernaivo, présidente du SMM. Elle a été critiquée du prix de sa voiture à être « le comble du ridicule » en passant par des titres la ciblant de déstabilisateur. Tout ça parce qu’elle a osé toucher à la protégée de quelques hauts placés.

Mais pire encore est qu’à la fin du communiqué, une menace est carrément lancée. On peut lire : « Ainsi, pour que cette effectivité de la liberté ne soit pas anéantie par les pratiques illégales et irrégulières perpétrées par cette minorité agissante dans le sens de l’abus et de l’inconscience, rappel est lancé, par le présent, à tous les acteurs de la presse nationale d’observer l’éthique et la déontologie du métier ». Mais à quoi joue-t-il le nouveau ministre de la communication ? A quoi sert son retour au sein du gouvernement après son exercice au même poste pendant la transition ? Mais une chose est sûre, suite au projet de mise en place d’un cercle de dialogue par le ministre même, les acteurs de la presse devraient moins espérer du code de la communication, ou doit-on plutôt dire code de la répression ? Car même qu’aucun échange n’a été fait qu’un avertissement de censure est jeté à nos pieds ?                

     Annie N.    

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