Les fêtes du 14 Juillet: Faut-il encore rêver ?

Que l’on veuille ou non, à chaque 14 juillet, les quinquagénaires et plus ont un pincement au cœur. Une date qui résume assez bien le bon temps avant l’indépendance de Madagascar. Que de joie, que de bonheur ! Qu’on ne me jette pas la première pierre pour avoir rappeler ici cet instant, ce moment de la colonisation. Une époque où il y eut du bon et de mauvais. Retenons que le bon.

En effet, des politiques proches de l’opposition malgache n’ont cessé critiquer l’aspect néocolonial, généré par la fête nationale française. Alors que le contenu, l’essence du 14 Juillet exprime pourtant une certaine liberté, une certaine révolte et aussi de progrès pour le monde entier. Colonialiste ou non, la France devait jouer un rôle prépondérant dans le développement économique et culturel de Madagascar. Le fondement de nos institutions actuelles n’a-t-il pas pour origine la République Française, plus exactement des révolutionnaires de 1789 ?

Pour nous, Mai-72 n’a rien changé ou presque dans la conduite, la gestion de l’Etat. Les mentalités sont restées intactes. D’autre part, plus terre-à-terre, le 14 Juillet de notre enfance, de notre jeunesse, c’était le veau gras, les habits neufs, les pétards, les feux d’artifice à Mahamasina, le défilé militaire sur l’Avenue de l’Indépendance… C’est le passé. Seule l’Histoire peut retenir ou faire revivre nos 14 Juillet à nous. Pensons plutôt à notre cher 26 juin, même si, cette fois encore, le cœur n’y est pas.

En somme, on n’a plus le cœur à l’ouvrage. En haut lieu, c’est encore pire. Nous appelons nos compatriotes à résister, car notre pauvreté semble ne plus connaître une fin. Votre serviteur en a marre de rappeler au pouvoir en place ce qu’il doit faire : il est, lui aussi, fatigué, fatigué.

Cependant, il dépend de nous tous pour que le changement intervienne dans les plus brefs délais, à Madagascar. Mais, une fois encore : ‘faut pas rêver !

Franck Raharison

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