Madagascar: L’art et la manière de calquer !

Il y a quelques années, les produits made in China étaient pointés du doigt parce qu’ils n’étaient que des pâles copies de produits de grande marque. La qualité n’étant bien sûr pas au rendez-vous. Depuis peu, la Chine est devenue un pays incontournable en termes de produits manufacturés, devenant même une référence dans certains domaines. Si la Chine a pu se sortir favorablement de ce système de contrefaçon, c’est loin d’être le cas de Madagascar. Dans ce pays, de la base au sommet de l’Etat, on copie tout.

Dans de nombreux pays d’Europe ou encore d’Asie, les contrefaçons, les copies et les plagiats sont sévèrement réprimandés. D’ailleurs, le droit de la propriété intellectuelle est en charge de défendre les œuvres originales. Cela est d’ailleurs tout à fait compréhensible dans la mesure où les créateurs, quel que soit leur domaine d’activité, usent de leurs capacités morales pour inventer quelque chose de neuf et d’original, tandis que les copieurs eux, en tirent tous les profits. Dans ce contexte la moindre copie, la moindre contrefaçon ou le moindre plagiat est très vite pointé du doigt. Si l’usurpateur ne fait pas face à des poursuites pénales, sa réputation peut être mise à mal. C’est du moins ce qui se passe dans un pays normal. Ce fut le cas de Marine Le Pen, plagiant un discours de François Fillon, même cas pour Melania Trump sur un discours de Michelle Obama. Bien entendu, ces faits ont rapidement fait le tour de toute la presse à scandale, discréditant entièrement les personnes concernées. Pour des personnalités qui occupent ou souhaitent occuper des fonctions importantes, ce genre d’erreur se paie cash. Madagascar n’est pas exempt de ce genre de cas, à commencer par le chef de l’Etat.

A l’époque, fraîchement élu à la tête du pays, Hery Rajaonarimampianina a plagié mot pour mot un discours de Nicolas Sarkozy. Bien que de nombreux organes de presse locale ont tenté d’étouffer le méfait, l’acte n’est pas passé inaperçu. Bienvenu dans le concert des Nations. Une telle image donnée par l’homme fort de l’Etat laisse bien sûr la porte ouverte à toutes formes de plagia, de copie et de contrefaçon. Normal donc, que de nombreuses programmations télévisuelles tentent leur chance. A commencer par la téléréalité, ce concept inventé à l’étranger et copie sans honte ni vergogne par des stations télévisées en mal d’audimat. D’abord, Pazzapa, dont le concept ressemble étrangement à l’émission « à la recherche de la nouvelle star » créé par M6. Sans oublier le « reality show » de TV plus dont l’émission annonce fièrement la couleur

« Kopi Kolé ». Ces stations de télévision se sont-elles acquittées des droits pour utiliser l’œuvre des artistes concernés ? Peut-être sont-ils tellement proches du pouvoir actuel qu’ils se pensent exempt au paiement des droits d’auteur. Si les artistes locaux ne disposent pas de moyens suffisants pour intenter une action collective, on se demande si les maisons de production étrangères sont au courant que leurs œuvres sont utilisées derrière leur dos.

Actuellement, il est indéniable que les covers, les parodies et les plagiats sont monnaie courante. Difficile donc de poser les bornes. Les parodies existent depuis de nombreuses années pour divertir un public bien précis, alors on se demande, pourquoi Barry Benson a-t-il été victime d’intimidation ? Déjà pointé du doigt par l’ONU pour le non respect des droits de l’Homme, Madagascar affirme encore une fois que ceux-ci ne sont pas les mêmes pour tous dans ce pays. Faut-il être proche du pouvoir pour pouvoir agir en toute impunité ?

Johan R.

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