L’absence d’autorité compétente : Une porte ouverte à l’anarchie !

Dans toute structure politique normalement constituée, l’ensemble de la population est regroupé en deux principales parties : les administrés et les dirigeants. Lorsque ces derniers ne prennent pas leurs responsabilités et laisse les seconds en l’absence d’une autorité compétente la structure établie tourne rapidement à l’anarchie. Pour le moins que l’on puisse dire, la capitale est actuellement dans cette situation.

Les mesures répressives et d’intimidation ne permettent pas à elles seules de justifier l’existence d’une autorité. Dans le contexte d’un pays, l’autorité s’apparente à l’administration, la gestion, la prise de décisions et de mesures pour le bien-être d’un Etat. Or, dans la mesure où ce dernier n’arrive pas à assurer ses fonctions, les contestations se font de plus en plus nombreuses. Une situation qui inéluctablement mènera à l’anarchie. C’est dans cette situation que se trouve la magistrature de la ville d’Antananarivo qui, depuis quelques années, a essayé d’assainir la capitale. Malheureusement cela semble une mission périlleuse dans la mesure où cette ville est stratégique pour tous les politiciens qui souhaitent conquérir ou garder le pouvoir. Prenons d’abord le cas des marchands ambulants, qui continuent de jouer à cache-cache avec la police municipale, malgré les nombreux avertissements lancés par la mairie. Ce que les contestataires et leurs partisans ne mettent pas en lumière, c’est l’état lamentable dans lequel se trouve la ville une fois que les marchands ont levé le camp. Pour en avoir une idée, il suffit de faire un tour en début de soirée dans les quartiers et leurs environs immédiats après le marché. Mercredi à Andravoahangy, jeudi à Mahamasina, ou encore Isotry le samedi. Si les pavillons d’Analakely ont été pendant longtemps la fierté de ce quartier de la capitale, il suffit d’y jeter un coup d’œil en début de soirée pour constater un dépotoir à ciel ouvert réparti sur près de 2 kilomètres. Bien entendu, à en croire ces contestataires, c’est le travail de la Commune Urbaine d’assurer le nettoyage. L’anarchie en somme.

Pour en revenir à l’absence de contrôle, des objets éducatifs se vendent actuellement comme des petits pains. Des petits livres de poche, dont la principale vocation est l’apprentissage de nos jeunes pouces, c’est avec un sentiment mitigé de dégoût et de colère que les parents découvrent à l’intérieur desdits livres la description « grosse bite » en illustration d’un coq. Comment diable est-ce que ce genre d’article a pu être mis en circulation sans qu’aucun contrôle ne soit effectué. Certes, le profit est la principale raison d’être d’un commerçant, mais là, leur attitude commence à dépasser un tant soit peu les bornes. D’autant plus que ces bouquins sont vendus dans les principales zones piétonnes comme Analakely, Behoririka ou encore Tsaralalana.

En définitive, serait-ce trop déplacé de dire que ce sont certains malgaches eux-mêmes, plus particulièrement des tananariviens, qui sont réticents à l’idée de se développer ? Cela paraît pourtant logique dans la mesure où tout développement commence par un changement de comportement et de mentalité. Actuellement, la Commune Urbaine est en train de faire un assainissement dans le 4e arrondissement, mais bien avant même d’en connaître l’issue et les raisons, les critiques fusent déjà de tous bords. Non, le développement de ce pays, n’est pas que le seul fait de ceux qui dirigent.

Johan R.

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