Antananarivo : Asphyxiée par la densité de population

Pour rappel, la densité de population est une mesure qui exprime le nombre d’habitants sur une surface déterminée. La densité de population ne cesse de s’accroître dans la capitale et sa périphérie.

Les manifestations de cette réalité ne manquent pas. Tout d’abord, il devient épuisant de circuler à pied car les gens se bousculent dans tous les sens et les marchands monopolisent les trottoirs. Ensuite, l’étroitesse des rues aggrave les embouteillages et ralentit la circulation en voiture. Il est devenu presque impossible de se garer dans certains quartiers. Enfin, la densité de population saute aux yeux avec les habitations de plus en plus nombreuses et rapprochées. C’est un signe qui ne trompe pas. Faute de pouvoir acheter d’autres terrains, les gens réduisent leur cour ou sacrifient leur jardin pour y bâtir une maison d’habitation.

Les causes de cette hausse de la densité de population dans la capitale sont diverses. En premier lieu, la poussée démographique est évidente. Dans les milieux défavorisés, l’indice de fécondité reste élevé. De nombreux ménages font encore quatre ou cinq enfants. Lorsque ceux-ci sont en âge de se marier, ils ont tendance à rester chez leurs parents ou à proximité, ce qui accentue la densité de population. En second lieu, l’exode rural qui progresse de manière exponentielle, favorise la hausse de la densité de population. En raison de l’érosion des sols et de l’insécurité, les paysans abandonnent en masse leurs champs et leurs élevages pour se ruer vers la capitale. Antananarivo est perçue comme un refuge et un eldorado alors que la réalité est toute autre. En troisième lieu, l’immobilier, tant à l’achat qu’à la location, ne cesse de grimper, et de façon surréaliste, dans la capitale. C’est pourquoi plusieurs générations vivent sous un même toit, avec les problèmes de promiscuité que cela comporte.

Les conséquences de cette augmentation de la densité de population dans la capitale sont multiples. Premièrement, les difficultés de logement provoquent une hausse de la demande et donc une flambée des prix. Certains propriétaires n’ont aucun scrupule à louer cher un logement exigu et insalubre. Le rapport qualité/prix n’est pas au rendez-vous. Deuxièmement, la ghettoïsation de certains quartiers, où règne un taux de chômage élevé, est visible à l’œil nu. Les zones de non-droit se démultiplient, les bidonvilles s’étendent et la délinquance grandit. Troisièmement, avec la diminution de l’espace vital, on assiste à un repli sur soi en mode survie qui se traduit par une perte du civisme et une indifférence quant à l’intérêt général. Le tapage diurne et nocturne s’amplifie, les canalisations font office de vide-ordures et la pollution atteint des proportions inquiétantes.

La construction de nouvelles routes, qui a permis l’irruption de nouveaux quartiers, a désengorgé provisoirement la capitale. C’est donc une solution mais elle n’est pas suffisante. Des mesures d’accompagnement sont nécessaires. Les infrastructures et les administrations de proximité doivent suivre impérativement la tendance. Cela relève des pouvoirs publics. Il faudra davantage d’écoles, d’hôpitaux, de stades, de services de voiries, de postes de police et de casernes de pompiers. Il faudra également trouver des solutions pérennes au problème crucial d’approvisionnement en eau et en électricité.

Phil de Fer

Commentaires   

0 #2 Firenena Merina 14-08-2017 11:36
Que chacun retourne dans leur patrie maternelle.
Imerina et Antananarivo est la patrie des peuples Merina
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0 #1 Zatobe 12-08-2017 14:17
L'exode rurale bien sûr. Mais il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas eu d'urbanisation depuis 1975 à Madagascar
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