Décisions de politiques des pêches : Les gains retirés d’un recul de l’ouverture sont importants PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 10 Mars 2010 05:31
Une modélisation bioéconomique de la pêcherie crevettière de Madagascar fait état que cette recherche intègre un nombre important de connaissances issues de disciplines variées disponibles (biologiques, écosystémiques, économiques, anthropologiques, juridiques). Elle implique ensuite plusieurs partenaires du sud (partenaires scientifiques, administratifs et industriels) dans le processus d’acquisition et de diffusion des connaissances. Elle permet enfin de coupler le développement d’outils scientifiques originaux avec les besoins d’une politique de gestion des ressources responsable et adaptée.

Plus, d’après les données du document portant Dossier d’Evaluation de l’unité EME (Écosystèmes Marins Exploités / Exploited Marine Ecosystems) Institut de Recherche pour le Développement (IRD, Établissement porteur), Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) et Université Montpellier 2, il apparaît que les crevettes côtières tropicales ont en effet un cycle de vie très court et les conséquences de décisions d’aménagement inspirées des scénarios de modélisation peuvent être rapidement perçues par les exploitants en raison de la réponse rapide des ressources biologiques aux mesures de gestion.

L’originalité de la démarche, selon le même document, tient à la conception d’un modèle pluriannuel défini à partir d’un modèle annuel fin de la pêcherie. Dans le modèle pluriannuel il est nécessaire de tenir compte de la variabilité du recrutement d’une année à l’autre, indépendamment de la biomasse féconde. Ceci permet de simuler l’impact de l’environnement hydro climatique, qui constitue le facteur principal de variation du recrutement et donc des captures de crevettes. Dans le modèle annuel, la variabilité du recru-

tement a été abordée par la méthode de Monte Carlo (simulations répétées avec tirage d’un facteur multiplicatif du recrutement dans une loi log-normale)…

On obtient ainsi sur les 10 ans de simulations une capture industrielle annuelle moyenne très proche de la moyenne estimée partir de la base statistique nationale Banacrem pour la période 1995-2003 (5033 t). On constate également que la rente simulée ne deviendrait positive qu’au delà de 6 000 tonnes de captures. Plusieurs perturbations exogènes (taux de change des principales devises, prix du carburant, prix international de la crevette considéré comme exogène), ainsi que différents scénarios de politique d’aménagement (effectifs des flottilles par segment, choix des dates d’ouverture et de fermeture, taille et sélectivité des engins), sont ensuite introduites pour observer le comportement dynamique des variables. L’intérêt principal d’une simulation pluriannuelle est ici de pouvoir modifier les décisions de politiques des pêches au début de chaque année, ou bien encore en cours d’année. Un autre intérêt est de présenter les politiques alternatives de gestion au cours de périodes successives, ce qui peut montrer les interactions temporelles entre décisions. On montre par exemple que les gains retirés d’un recul de l’ouverture sont beaucoup plus importants que ceux liés à l’avancement de la date de fermeture via la réduction de la mortalité par pêche ainsi obtenue, à l’origine de gains biologiques et économiques.