Une communication verbale relative à la célébration de la Journée Mondiale de la Liberté de Presse 2016 du 03 Mai 2016 a été approuvée en conseil du gouvernement. Quelques manifestations sont au programme de cette journée : inauguration de la stèle du 150ème anniversaire, expositions, conférences-débat thématiques (La liberté d’information en tant que liberté fondamentale et droit humain, les devoirs et responsabilités des patrons de presse, les conditions de travail du journaliste malagasy, l’éthique, les normes professionnelles et les principes d’autorégulation du journalisme), et production d’une émission «Tokotany Iraisana» en live axée sur le rôle des médias dans la communication entre les citoyens et les dirigeants.
Dans ce cadre, chaque année, selon une publication de l’UNESCO, le 3 mai, la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée dans le monde entier, est l’opportunité de faire avancer les principes fondamentaux de la liberté de la presse et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur profession. En 2016, la Journée mondiale de la liberté de la presse coïncide avec trois évènements marquants : Le 250ème anniversaire de la première loi sur la liberté d’information qui couvre la Suède et la Finlande actuelles ; Le 25ème anniversaire de l’adoption de la Déclaration de Windhoek sur les principes de la liberté de la presse ; Cette année 2016 marque également le début d’un nouveau cycle de 15 ans pour les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD).
Dans ce contexte, et à l’ère actuelle du numérique, la Journée mondiale de la liberté de la presse 2016 met en lumière les liens entre la liberté de la presse, une culture d’ouverture, le droit à la liberté d’information et le développement durable, le fil conducteur étant le rôle du journalisme ainsi que l’importance de préserver ceux qui proposent ces services au public.
Cette année, d’après encore les analyses de l’UNESCO, la JMLP étudiera ces sujets sous trois perspectives différentes : la liberté d’information en tant que liberté fondamentale et droit humain ; la protection de la liberté de la presse contre la censure et une surveillance excessive ; et la garantie d’une sécurité du journalisme en ligne et hors ligne.
La première loi au monde sur la liberté de l’information, adoptée par la Suède-Finlande, représente une étape historique qui a apporté une reconnaissance juridique à deux normes interdépendantes ayant eu des répercussions
mondiales : (i) les citoyens doivent avoir le droit de s’exprimer sans interférence de l’Etat, et, plus important encore, (ii) toute information détenue par l’Etat devrait être à la disposition des citoyens. Dans ces conditions, l’Etat ne devrait en aucun cas restreindre le champ d’information des citoyens ni leur dissimuler quelque information que ce soit. Cette position limite, d’une part, l’interférence arbitraire de l’Etat au sein du dialogue public et renforce, d’autre part, la responsabilité du pouvoir étatique. En résumé, cette loi donne à la société la liberté de transmettre des informations sans censure de l’Etat, mais va encore plus loin en permettant l’examen critique de l’Etat par la société.
En 1991, l’adoption par les journalistes de la Déclaration de Windhoek, en Namibie, a amené à la reconnaissance de la Journée mondiale de la liberté de la presse par les Nations Unies. Cette déclaration met en avant le fait que la liberté de la presse est constituée par la liberté des médias, le pluralisme et l’indépendance. Chaque année, la Journée est l’occasion pour les parties prenantes de célébrer et renforcer ce droit.
En outre, l’année 2016 marque aussi le début d’un nouveau cycle de 15 ans pour les nouveaux et ambitieux Objectifs de développement durable (ODD) adoptés en 2015. La liberté de la presse et le droit à l’information ont une incidence directe sur la réalisation de ces objectifs, et peuvent être également considérés eux-mêmes comme des objectifs implicites. Dans les années à venir, les ODD établiront le programme de nombreuses décisions politiques, ils auront un impact sur la mobilisation et les flux de ressources et mettront en évidence l’intérêt commun de l’humanité en faveur de l’amélioration et durable de la vie de chacun…
On peut généralement définir la liberté d’information comme le droit d’accéder aux informations détenues par les organismes publics. Comme cela est expliqué dans la publication de l’UNESCO Liberté de connexion, liberté d’expression (2011) : « Dès lors que la liberté d’expression est considérée comme l’un des droits civiques fondamentaux qu’exigent les processus démocratiques, la liberté d’information apparaît indispensable si l’on veut que les citoyens soient à même de faire un choix éclairé lors des élections et disposent des éléments nécessaires pour juger de l’action du gouvernement et éventuellement sanctionner celui-ci. ». Par ailleurs, dans le Commentaire général 34 du Comité des droits de l’homme de l’ONU concernant l’article 19 de la Convention internationale sur les droits civils et politiques (CIDCP), les liens entre partage de l’expression et accès à l’information sont en forte corrélation avec le droit des citoyens à participer aux affaires publiques. A cet égard, le journalisme a un rôle tout à fait essentiel.
Le droit à l’information est lié à une plus grande transparence au sein de la société, comme l’indique l’étude 2015 de l’UNESCO Des clés pour la promotion de sociétés du savoir inclusives : accès à l’information et au savoir, liberté d’expression, respect de la vie privée et éthique sur un internet mondial. Cette étude, mandatée par les Etats membres de l’UNESCO, souligne encore davantage l’importance de la responsabilisation des utilisateurs dans le traitement de l’information et des communications, par exemple par le biais de l’éducation aux médias et à l’information. Encore une fois, le journalisme est au cœur de toutes ces problématiques.
L’utilisation du secret d’Etat de façon abusive représente un obstacle majeur au libre accès à l’information. Les Etats devraient pouvoir garder certaines informations confidentielles lorsque les motifs et processus mis en place sont légitimes et en accord avec les lois internationales des droits de l’homme. Cependant, les informations provenant des autorités administratives et exécutives, au sujet par exemple des lois et des dépenses publiques, devraient généralement être accessibles à tous. De plus, la liberté de l’information offre à la fois une vue d’ensemble des institutions gouvernementales mais également la possibilité de les tenir responsables. Ce droit renforce ainsi la pertinence de la liberté de la presse et du journalisme indépendant…
Bref, et selon le commentaire de l’UNESCO, la liberté de la presse et l’accès à l’information sont essentiels à la démocratie et au développement durable. Le journalisme contribue à ce que cela soit possible. Parfois considéré comme le « chien de garde » des institutions sociales et politiques, le journalisme est bien plus que cela : il atteste de la liberté d’expression pour l’ensemble de la société, il soulève de nouvelles questions quant aux objectifs de développement et autonomise les citoyens par l’information. Le journalisme offre un contexte au sein duquel la diversité des expressions culturelles peut prospérer. Pour toutes ces raisons, le renforcement des conditions d’exercice du journalisme est clé pour le développement d’une culture d’ouverture, d’un libre accès à l’information et de libertés fondamentales. En ce sens, la Journée mondiale de la liberté de la presse 2016 cherche à faire progresser le droit à l’information, la liberté de la presse, ainsi qu’un environnement propice à la pratique du journalisme en toute sécurité. Tout ceci fait écho aux problématiques et opportunités mondiales contemporaines. Ainsi, les parties prenantes du monde entier devraient pouvoir continuer à élever cette Journée à un niveau de visibilité et de pertinence encore plus important, ainsi qu’à renforcer davantage son impact.
De tout ce qui précède, il est à noter que bien que les journalistes soient parmi les plus grands usagers de ce droit, la liberté de la presse ne se limite pas aux médias d’information.
Toute personne a la liberté d’utiliser son droit à la liberté d’expression afin de transmettre du contenu, notamment du contenu créatif, à un plus grand public, par le biais de plateformes de communication de masse qui incluent les médias sociaux par exemple. Ainsi, tout individu a un rôle direct pour la liberté de la presse. Lorsque des personnes communiquant des informations se heurtent à des restrictions arbitraires et des violations de leur droit à la liberté de la presse, comme c’est le cas pour les personnes attaquées pour leur activité de journaliste, la société doit prendre des mesures spéciales pour garantir leur sécurité, afin notamment que les informations d’intérêt public ne soient pas supprimées – ce qui pourrait affaiblir le droit du public de rechercher et recevoir de l’information.